Société

Marrakech Security Forum : La politique sécuritaire du Maroc permet de limiter une menace « persistante et permanente »

le 10 février 2018


La politique proactive et préventive sécuritaire du Maroc a permis de limiter « au maximum » une menace qui devient « persistante, permanente et diffuse », a affirmé, vendredi soir à Marrakech, le Directeur du Centre Marocain des Etudes Stratégiques (CMES), Mohamed Benhammou.

Intervenant lors d’une séance plénière sur « la stratégie marocaine de la lutte contre le radicalisme et l’extrémisme violent », organisée dans le cadre de la 9è édition du Forum  » Marrakech Security Forum », les 9 et 10 février, sous le thème « Les menaces émergentes et les nouveaux risques de conflictualité en Afrique », M. Benhammou a relevé que sur les 1.704 combattants terroristes de nationalité marocaine identifiés dans le théâtre d’opérations en Irak et en Syrie, quelque 614 ont été tués et 213 ont regagné le Royaume, avec une particularité de la présence des femmes et des enfants, soit 293 femmes et 321 enfants.

Dans ce cadre, il a fait savoir que depuis 2015, sur les 49 cellules démantelées, 44 étaient en liaison directe avec le groupe terroriste dit « Daech » et 773 personnes arrêtées, alors que 97 terroristes extradés dont la majorité a été extradée d’Irak (soit 64 personnes) et du Libye (soit 13 personnes), ce qui prouve, selon lui, une mise en place d’une coopération bilatérale et internationale.

A cet effet, le directeur du CMES a souligné que l’architecture sécuritaire marocaine a été adaptée et modernisée en fonction de la nature de ces menaces sécuritaires, pour permettre à la fois un bon contrôle de l’espace territorial national et des frontières, et une bonne gestion de la circulation de l’information et des renseignements.

M. Benhammou a tenu à préciser que ce résultat est dû au travail important effectué par tous les compartiments du processus de renseignements, essentiellement celui de l’analyse et de l’interprétation, ainsi qu’à la technicité, la formation et l’expérience acquise par les cadres et les sécuritaires marocains qui ont permis d’obtenir un bon résultat et d’avoir une bonne connaissance de la nature de la menace.

Dans l’approche marocaine, « il y a une coopération interne basée sur une machine de coopération inter-services et une coopération internationale », a-t-il affirmé, notant que « c’est une grande coopération inter-services et une bonne répartition des tâches et des missions entre les services avec une gestion et un partage dans le temps réel de tous les informations et les renseignements qui peuvent avoir un impact sur la sécurité du Royaume et la sécurité d’un État tiers ».

Pour sa part, le Directeur du Centre d’Etude et de Recherche sur les valeurs auprès de la Rabita Mohammadia des Oulémas, Mohamed Belkebir, a mis en exergue la stratégie de la Rabita basée, notamment sur la déconstruction du discours radical, l’immunisation de la population vulnérable, particulièrement les jeunes, la gestion du retour et la réconciliation comme perspective pour la réinsertion des revenants du camp de Daech.

Il a, à ce titre, indiqué que l’approche de la Rabita a été basée sur la lutte contre la radicalisation en identifiant chaque maillon de la chaîne d’extrémisme, à savoir l’extrémisme violent, takfirisme, le jihadisme et le terrorisme, ajoutant que la Rabita a essayé de briser cette chaîne en agissant sur les acteurs du terrorisme, notamment les jeunes par la production divers livrets dédiés à la formation des éducateurs et des supports servant à rééduquer cette catégorie.

Selon M. Belkebir, parmi les dimensions des perspectives de la Rabita, figure le renforcement de la résilience et la réconciliation externe et interne tout en menant un travail colossal avec les détenus pour les immuniser en formant 22.000 prisonniers sensibilisés et éduqués en matière de lutte contre la radicalisation et l’extrémisme.

De son côté, le représentant de la présidence du ministère public, Hamza Essaad, a souligné que le Maroc a fait sa pleine inscription dans les efforts de la communauté internationale pour lutter contre le terrorisme en faisant introduire ses obligations internationales dans sa législation interne et sa propre stratégie nationale.

Dans ce sens, M. Essaad a indiqué que la stratégie judiciaire se trouve dans toutes les autres stratégies comme une véritable ceinture de sécurité représentant la garantie et l’immunité des institutions de chaque stratégie de tout dérapage.

En outre, il a relevé qu’à côté de son rôle d’accompagnement, cette stratégie garde des rôles qui lui sont propres et qui sont regroupés dans deux grands volets axés sur l’élucidation de l’infraction terroriste, à savoir la promotion de la mise en œuvre des principes de la justice pénale et la garantie de l’efficacité des mécanismes procéduraux et institutionnels.

Et de poursuivre : « Cette stratégie œuvre, en premier lieu, à la corroboration de la confiance à l’institution de la justice et sa spécialisation en matière du terrorisme et, en second lieu, à l’élargissement du cercle de compétence et des mesures préventives ».

Pour le représentant du ministère de la Justice, Abderrahim Bachkar, le Maroc a mis en place un programme de réconciliation dans les établissements pénitentiaires visant à mettre en œuvre les principes de tolérance et de compréhension du cadre légal et de la réinsertion socio-économique.

Selon M. Bachkar, ce programme a quatre composantes ayant trait à la compréhension du texte religieux, la compréhension du cadre légal et de la relation des citoyens entre eux, la réhabilitation et l’accompagnement des détenus, ainsi que le développement des compétences pour l’intégration socio-économique au sein de la société, a-t-il souligné.

Cette édition de deux jours a été marquée par la participation de quelque 300 experts, dirigeants d’organisations internationales, et responsables civils et militaires de plusieurs pays, dont le Maroc.

Organisé en partenariat entre le Centre Marocain des Etudes Stratégiques (CMES), et la Fédération Africaine des Etudes Stratégiques (FAES), ce conclave a pour objectif d’établir un état des lieux actuel de la sécurité en Afrique, de mettre en lumière les défis auxquels doit faire face le Continent et surtout, d’analyser, de débattre et d’échanger les expériences et expertises dans ce domaine.

LNT avec MAP