Le Palais Soleiman

Politique

Marrakech : Le palais Soleiman, enjeu d’une série de procès

le 26 août 2014


Qui à Marrakech, serait en mesure de s’opposer au milliardaire suisse Urs Schwarzenbach, propriétaire de cinq parcelles de l’ancien palais Layyadi ?

En effet, ce bijou patrimonial fait l’objet d’une série de litiges opposant le Suisse au Marocain Driss Segueni, propriétaire du cœur battant de cette demeure palatiale du Caïd Layyadi, lequel aimait y recevoir ses hôtes et y organiser des fêtes, et qu’il avait fait décorer avec le plus grand soin.

 

Ceci dit, la série de procès a démarré dès 2006, date de l’acquisition de cinq parcelles du palais Soleiman par M. Schwarzenbach, connu pour sa passion des bâtisses historiques de prestige à travers le monde !

 

 

Des caméras de sécurité ont été installées
Des caméras de sécurité ont été installées

 

Depuis cette date, le jeune propriétaire du Palais Soleiman, Driss Segueni, a dû gérer, voire subir, les conséquences de plusieurs procès dont notamment la contestation de la validité du titre foncier, le refus de reconnaître un droit de passage, le refus de restituer 16m² figurant sur le plan cadastral, mais aussi des obstructions nombreuses à l’exécution de jugements des tribunaux, etc.

 

Selon M. Driss Segueni,  »la servitude de passage a d’emblée été l’une des grandes obsessions du voisin », lequel lui en interdit la jouissance, privant le Palais Soleiman d’une voie d’accès très importante.

L’affaire a été évidemment portée devant les tribunaux et la justice a, par deux fois, tranché en première instance et en appel (août 2013), en faveur de M. Driss Segueni.

Mais l’affaire ne s’est pas arrêtée en si bon chemin…

Un autre litige oppose les deux voisins : une surface de 16 m² qui figure dans le titre foncier de Driss Segueni et que M. Urs Schwarzenbach refuse de restituer.

La surface de 16m² disputée
La surface de 16m² disputée

 

La justice a donné raison à Driss Segueni, mais les huissiers ont été empêchés d’exécuter le jugement, l’avocat du propriétaire suisse ayant fait valoir que la destruction du mur de séparation compromettrait la solidité de l’édifice.

De plus, des caméras de surveillance ont été placées juste au-dessus du patio de la maison. Une porte avec une plaque en fer électrifiée a été également posée dans la servitude de passage, alors qu’il s’agit d’un accès qui existe depuis plus d’un siècle, desservant les différentes maisons du palais Soleiman. Une énième plainte a donc été déposée par M. Driss Segueni.

 

Pour rappel, M. Urs Schwarzenbach a acheté en 2006 toutes les maisons du palais qui donnaient sur cette accès à l’exception du palais Soleiman.

Cet espace, témoin de l’époque des grands Caïds d’El Haouz, se trouvant juste en face de la Wilaya de Marrakech, devrait sans aucun doute pouvoir à la fois satisfaire les besoins de M. Segueni qui gère une enseigne commerciale, « le Palais Soleïman » et l’exigence de respect de la propriété privée de M. Urs Schwarzenbach.

 M. Abdesalam Bikrat, nouveau Wali
M. Abdesalam Bikrat, nouveau Wali

 

Espérons donc qu’avec l’arrivée du nouveau Wali, M. Abdesalam Bikrat, un homme connu pour son sens de la pondération, une issue heureuse soit trouvée à cette affaire !

 

H.Z

 

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