Politique

Maroc/Afrique : L’IRES recommande de regarder à l’est et au sud

le 22 octobre 2016


Le positionnement stratégique du Maroc vis-à-vis de l’Afrique est mû principalement par des considérations de développement du continent, relève le rapport stratégique 2016 de l’Institut Royal des études stratégiques (IRES).

Ces considérations de développement du continent africain traduisent la ferme volonté du Royaume d’accompagner le processus de convergence économique, social et institutionnel de ses partenaires africains, souligne le rapport de l’IRES intitulé « Panorama du Maroc dans le monde, les relations internationales du Royaume », présenté jeudi à Rabat. Pour l’IRES, les enjeux des relations liant le Maroc et l’Afrique revêtent plusieurs facettes, dont celle politique relative principalement à la défense de l’intégrité territoriale du Royaume et au développement de son réseau diplomatique.

En matière sécuritaire, ces enjeux intéressent la lutte contre les menaces transnationales (terrorisme, piraterie maritime, trafic d’armes,…) et le renforcement des capacités des Etats sahéliens face aux risques suscités par les mouvements séparatistes, note le rapport.

Dans le domaine économique, ils portent sur le développement et la sécurisation des investissements marocains en Afrique ainsi que la concrétisation du positionnement du Maroc en tant que hub régional dans le domaine économique, financier, du transport, de l’éducation et de la recherche scientifique.

S’agissant des volets culturel et humain, ces enjeux ont trait à la valorisation de l’héritage culturel commun, au transfert du savoir et du savoir-faire en matière de mise en œuvre de projets de développement humain, ainsi qu’à la consolidation des actions de ‘’diplomatie spirituelle’’ en Afrique.

L’ensemble de ces enjeux appellent au renforcement continu des relations du Maroc avec le continent, qui sont traditionnellement polarisées sur l’axe de l’Afrique de l’Ouest, estime l’IRES dans son Rapport.

Concernant cet axe, le Maroc se doit d’intensifier la coopération sécuritaire pour contenir la prolifération de la menace terroriste et criminelle dans cette région de l’Afrique et l’insérer dans le cadre d’une réponse commune, préconise l’Institut Royal des études stratégiques.

De même, le Maroc doit mettre à contribution les acteurs non gouvernementaux pour créer des relais de coopération durables dans la partie sud de l’Atlantique, mais également étendre sa coopération avec les pays d’Afrique de l’Ouest aux pays d’Afrique Australe riverains de l’Atlantique, propose le rapport, tout en appelant à entretenir le leadership du Maroc en Afrique de l’Ouest pour renforcer le positionnement du Royaume dans l’agenda stratégique des grandes puissances.

Quant à l’axe Afrique Australe et Afrique de l’Est, l’IRES recommande de faire de ces deux régions une des priorités de la politique étrangère marocaine, et ce pour des considérations liées à la défense de la question nationale et au besoin de mobiliser le potentiel de coopération économique, estimant à cet effet qu’une nouvelle approche de coopération, adaptée aux spécificités de l’Afrique Australe et de l’Afrique de l’Est « s’avère incontournable ».

D’après l’IRES, cette approche devrait cibler les partenaires devant constituer « des clés d’entrée » dans cette région, élargir le champ des intérêts économiques et insérer la coopération dans un cadre multilatéral.

Parmi les autres leviers de renforcement des relations du Maroc avec l’Afrique Australe et l’Afrique de l’Est, le rapport cite la nécessité de doter le Royaume d’une politique de communication appropriée en direction de ces régions, afin de « combler le déficit d’information sur le Maroc et véhiculer un discours apaisé à destination de ces deux régions, tout en mobilisant les acteurs de la société civile pour renforcer la compréhension mutuelle ».

En outre, il met un accent particulier sur le renforcement de la coopération scientifique et technique, via l’encouragement de la collaboration entre les universités marocaines et leurs homologues des pays d’Afrique Australe et de l’Est, y compris par le biais d’un programme de mobilité circulaire des étudiants et du personnel de la recherche des deux parties et en créant un fonds dédié à la coopération technique dont le financement pourrait être assuré partiellement, à travers la mobilisation des instruments régionaux et/ou internationaux.

Somme toute, le renforcement des relations du Maroc avec le continent africain repose sur plusieurs leviers qui consistent, selon le rapport, à réunir les conditions pour un développement durable des relations du Royaume avec l’Afrique, rénover et renforcer les instruments de promotion économique du Maroc dans le continent et faire du Royaume un hub régional dans les domaines de la finance, des transports et de la formation universitaire et professionnelle.

A cet effet, les différentes visites effectuées par le Roi Mohammed VI à destination des pays du continent africain, dont la tournée Royale toujours en cours en Afrique de l’Est, ont permis d’impulser une nouvelle dynamique aux relations du Maroc avec les pays d’Afrique et renforcer de plus en plus le positionnement stratégique du Royaume tant bien au niveau de son continent que sur l’échiquier international.