La Chambre Turque de Commerce et d’Industrie au Maroc (CTCIM) a officiellement lancé ses activités le 8 septembre à Casablanca, à l’occasion d’une première rencontre d’affaires réunissant responsables institutionnels, dirigeants d’entreprises et investisseurs marocains et turcs. Présidée par Musa Tangören, la Chambre a présenté une feuille de route structurée autour de trois priorités : l’investissement, la production et la connexion entre les écosystèmes économiques des deux pays.
La CTCIM entend renforcer son rôle d’intermédiaire entre les entreprises marocaines et turques. Réunie sous le thème « Connecter les opportunités, créer de la valeur », la rencontre organisée à Casablanca s’est tenue en présence de l’ambassadeur de Türkiye au Maroc, Mustafa İlker Kılıç, ainsi que de représentants d’entreprises et de partenaires institutionnels des deux pays.
L’événement intervient dans une année marquant à la fois le 70e anniversaire des relations diplomatiques entre le Maroc et la Türkiye et les 20 ans de leur Accord de libre-échange.
La nouvelle feuille de route de la Chambre repose sur trois axes : « investissement, production, connexion ». L’objectif affiché est notamment d’accompagner les entreprises turques souhaitant investir au Maroc et, dans l’autre sens, de faciliter l’accès des entreprises marocaines à des partenaires en Türkiye.
Plusieurs instruments sont prévus : rencontres B2B et événements de networking, missions commerciales, réunions d’information sur la réglementation et l’environnement des affaires, présentation des opportunités sectorielles et développement de coopérations avec les institutions publiques, les représentations diplomatiques et les chambres de commerce. La CTCIM prévoit également de renforcer ses liens avec les autres chambres de commerce étrangères présentes au Maroc.
« Notre vraie force vient de notre capacité à réunir les bonnes personnes et les bonnes institutions à la même table. Notre objectif n’est pas de parler de commerce, mais de construire ensemble des investissements, une production et des partenariats durables », a déclaré Musa Tangören.
La CTCIM entend s’appuyer sur une présence économique turque déjà importante au Maroc. Selon les données présentées lors de la rencontre, les échanges commerciaux entre les deux pays ont atteint 6 milliards de dollars, tandis que plus de 300 entreprises turques opèrent dans le Royaume.
Parmi les exemples cités, BIM emploie directement plus de 7.000 personnes au Maroc. Sanipak a, pour sa part, investi 600 millions de dirhams au cours des trois dernières années et réalise 98% de sa production dans le Royaume. Des enseignes comme LC Waikiki, Flormar et FLO sont également implantées sur le marché marocain.
En 2025, la Türkiye était le cinquième fournisseur du Maroc et son neuvième marché d’exportation. Les investissements turcs au Maroc avaient, de leur côté, dépassé le milliard de dollars, selon les données présentées par l’ambassadeur Mustafa İlker Kılıç.
Le diplomate turc a également mis l’accent sur la structure des échanges entre les deux économies. « Nous nous réjouissons que la majorité des importations en provenance de Türkiye soit constituée d’intrants pour les sociétés marocaines, ce qui contribue directement à la création de valeur, à la compétitivité et au pouvoir d’achat au Maroc, notamment grâce à leur bon rapport qualité-prix », a-t-il déclaré.
Selon lui, la CTCIM peut jouer un rôle de « passerelle » entre les secteurs privés marocain et turc, dans une approche reposant sur le bénéfice mutuel.
Pour Musa Tangören, installé et actif à Casablanca depuis près de huit ans, la complémentarité géographique et économique des deux pays peut également servir de base à des projets tournés vers des marchés tiers.
La Türkiye dispose notamment de connexions avec l’Europe, l’Asie et les pays du Golfe, tandis que le Maroc bénéficie de son positionnement vers l’Afrique et l’espace atlantique. La Chambre souhaite exploiter ces complémentarités pour développer de nouveaux modèles de partenariat.
La CTCIM se présente comme une institution indépendante ouverte aux entreprises turques comme marocaines. Elle compte actuellement plus de 50 membres actifs dans des secteurs allant de la distribution et de l’industrie au textile, à la logistique, au tourisme, à la construction et aux services. Elle dispose depuis juin dernier d’un bureau permanent à Casablanca.
LNT
