Organisé les 2 et 3 juin 2026 au Maroc par le ministère britannique du Commerce et des Affaires économiques (Department for Business and Trade – DBT) et la CGEM, le Forum économique Maroc–Royaume-Uni a réuni, le 3 juin à Casablanca, des responsables institutionnels et des acteurs économiques des deux pays. Cette rencontre s’inscrit dans la dynamique des grands projets structurants engagés par le Maroc à l’horizon 2030, notamment dans la perspective de la Coupe du monde de football organisée conjointement avec l’Espagne et le Portugal.
Le forum a rassemblé une cinquantaine d’entreprises britanniques et un nombre équivalent d’opérateurs marocains, couvrant des secteurs clés tels que les infrastructures, l’énergie, les mines, l’immobilier, le transport et la logistique, le tourisme, la finance et les services. L’objectif affiché est de renforcer les partenariats économiques, d’encourager l’investissement et de favoriser les coopérations industrielles et technologiques.
Dans son intervention, le président de la CGEM, Mehdi Tazi, a souligné la montée en puissance du partenariat bilatéral, porté par une complémentarité économique croissante. Il a rappelé que les échanges commerciaux entre les deux pays dépassent désormais 4,6 milliards de livres sterling par an, en progression continue depuis plusieurs années, depuis l’entrée en vigueur de l’Association Agreement Maroc–Royaume-Uni en 2019.
Il a également mis en avant les transformations structurelles du Maroc sous l’impulsion des politiques industrielles et d’infrastructures menées au cours des dernières décennies. Le pays est aujourd’hui présenté comme l’une des économies les plus industrialisées d’Afrique, avec un tissu productif en expansion dans l’automobile, l’aéronautique et les énergies renouvelables. Le président de la CGEM a cité notamment la progression des exportations automobiles, dépassant le million de véhicules par an, ainsi que l’essor d’un écosystème aéronautique comptant plus de 140 entreprises.
Les intervenants ont insisté sur l’attractivité du Maroc pour les investisseurs internationaux, en raison de sa stabilité, de sa vision stratégique et de la mise en œuvre d’un cadre incitatif, incluant la nouvelle charte de l’investissement et le rôle du Fonds Mohammed VI pour l’investissement.
La Coupe du monde 2030 a été présentée comme un accélérateur majeur de développement. Au-delà de l’événement sportif, elle est considérée comme un projet structurant qui stimulera les investissements dans les infrastructures de transport, les aéroports, les ports, les énergies renouvelables, les télécommunications, le logement et les smart cities. Les participants ont souligné l’importance d’inscrire ces projets dans une logique de long terme, au-delà de l’échéance sportive.
Du côté britannique, les responsables du Department for Business and Trade ont mis en avant la volonté du Royaume-Uni d’accompagner ces transformations à travers son expertise en ingénierie, design, finance et gestion de projets complexes. Ils ont également évoqué l’engagement financier de plus de 5 milliards de livres via UK Export Finance pour soutenir des projets au Maroc et dans la région.
Les discussions ont également porté sur les enseignements des grands événements sportifs internationaux, notamment les Jeux olympiques de Londres 2012, cités comme exemple de transformation urbaine et de création d’un héritage durable. Les échanges ont mis en évidence la nécessité d’un transfert de compétences et de savoir-faire, afin de renforcer les capacités locales et d’assurer la pérennité des infrastructures après 2030.
Enfin, la rencontre s’est conclue sur un appel à renforcer les liens entre entreprises marocaines et britanniques, en particulier les PME, afin de transformer les opportunités identifiées en projets concrets. Le forum a été présenté comme une étape clé dans la consolidation d’un partenariat appelé à s’intensifier dans les années à venir, dans un contexte de recomposition des chaînes de valeur mondiales et de recherche de partenaires économiques fiables.
Asmaa Loudni
