Maroc-Italie : 4,75 milliards d’euros d’échanges, mais un déficit de 1,24 milliard

Par LNT
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Le commerce entre Rabat et Rome a atteint 4,752 milliards d’euros en 2025, soit près de 51,4 milliards de dirhams. Le Maroc s’installe au 3e rang des clients africains de l’Italie, mais seulement au 6e rang de ses fournisseurs. L’écart se lit dans un excédent italien de 1,238 milliard d’euros.

Les chiffres publiés par l’Observatoire économique du ministère italien des Affaires étrangères dessinent une relation commerciale dense mais nettement asymétrique. En 2025, les échanges entre le Maroc et l’Italie ont frôlé 4,752 milliards d’euros, l’équivalent d’environ 51,4 milliards de dirhams.

Un déséquilibre de deux contre un

La ventilation est éloquente. Les exportations italiennes vers le Maroc se sont établies à 2,995 milliards d’euros, tandis que les exportations marocaines vers l’Italie atteignaient 1,757 milliard d’euros. L’excédent commercial italien s’élève ainsi à 1,238 milliard d’euros, soit un rapport de près de deux à un en faveur de Rome.

Ce déséquilibre s’inscrit dans une tendance plus large : au premier semestre 2026, le déficit commercial global du Maroc s’est creusé de 23,5%, à 198,38 milliards de dirhams, avec un taux de couverture tombé à 56,8%.

Troisième client, sixième fournisseur

Le positionnement du Royaume dans la géographie commerciale africaine de l’Italie confirme cette asymétrie. Le Maroc absorbe 14,8% des ventes italiennes sur le continent, ce qui le place au 3e rang des clients africains de Rome, derrière la Tunisie et l’Algérie.

En sens inverse, il ne pèse que 5,1% des importations italiennes en provenance d’Afrique, au 6e rang seulement, derrière l’Algérie, la Libye, la Tunisie, l’Égypte et l’Afrique du Sud. Les trois premiers de ce classement sont des fournisseurs d’hydrocarbures, ce qui explique une partie de l’écart, mais pas sa totalité.

Des secteurs à forte intensité capitalistique

Les échanges se concentrent sur l’énergie, les transports, les infrastructures civiles, la logistique, l’ingénierie mécanique et les machines industrielles. Une structure qui éclaire le déséquilibre : l’Italie exporte des biens d’équipement et de l’ingénierie, catégories à forte valeur unitaire, quand le Maroc vend davantage de biens intermédiaires et de produits agroalimentaires.

Ce constat recoupe la dynamique nationale observée au premier semestre 2026, où les importations marocaines de biens d’équipement ont progressé de 21,2%, à 112,34 milliards de dirhams.

Un stock d’investissement italien encore modeste en Afrique

À fin 2025, le stock d’investissements directs italiens sur le continent africain s’élevait à 30,835 milliards d’euros, avec plus de 1 600 entreprises implantées selon les données arrêtées à fin 2023. Un volume qui laisse une marge de progression substantielle, alors que Rome affiche depuis plusieurs années une ambition africaine renforcée.

Pour le Maroc, l’enjeu est double : capter une part croissante de ces investissements, et rééquilibrer une relation où le Royaume achète nettement plus qu’il ne vend.

LNT

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