Politique

Maroc-Espagne, deux si beaux couples, un si beau couple …

le 16 juillet 2014


Le nouveau Roi d’Espagne, Felipe VI et son épouse, la Reine Letizia, ont effectué une visite officielle très remarquée au Maroc en début de semaine. Ce séjour du Souverain espagnol tout récemment intronisé, marque sa première sortie arabe et africaine, après un déplacement au Vatican et dans l’autre pays de la péninsule ibérique, le Portugal.

Que le Royaume du Maroc accueille ainsi la troisième étape des déplacements du couple royal d’Espagne est donc un indicateur très fort de la qualité des relations, aussi anciennes que fortes, qui lient les familles régnantes des deux côtés du Détroit de Gibraltar. 

Felipe VI est venu à Rabat dire au Roi Mohammed VI que les liens qui unissaient les trônes espagnol et marocain sous Juan Carlos seraient reproduits à l’identique, voire consolidés et étendus. 

Il est vrai les deux couples sont particulièrement proches à la fois par leur identité générationnelle, mais également par l’image positive qu’ils projettent auprès de leurs opinions publiques respectives : jeunesse, dynamisme, engagement social et respect des valeurs fondatrices des Etats et des sociétés qu’ils dirigent, dans la différence, certes, des attributions constitutionnelles dévolues à chaque souverain.

Je t’aime, moi aussi…

Mais, au-delà de cette symbolique qui permet de mettre en place, dans les deux pays, une démarche de « peopolisation » indéniablement payante pour la représentation monarchique, avec la forte exposition photographique des deux familles royales et la couverture exhaustive de ce séjour par la presse populaire nationale et ibérique, ce séjour du Roi et de la Reine d’Espagne revêt une autre portée. 

Felipe VI est venu à Rabat avec l’accord explicite et affirmé du gouvernement Rajoy, ce qui n’est pas à minorer. Le pouvoir politique espagnol est ainsi sur la même longueur d’onde que le pouvoir royal, ce qui, à propos du Maroc, n’a pas toujours été le cas. 

On se rappelle, ainsi, que lorsque le gouvernement de Madrid était sous la férule de José Maria Aznar, du PP tout comme l’actuel président du Conseil Mariano Rajoy, le Roi Juan Carlos avait dû s’impliquer personnellement et à la limite de ses pouvoirs constitutionnels pour mettre fin à une grave crise entre les deux Etats (l’affaire de l’îlot Leïla) quand Aznar se voyait déjà engager une guerre contre le Maroc !

L’Espagne aujourd’hui, du Roi jusqu’aux politiques donc, considère le Royaume du Maroc comme un partenaire d’excellence, un voisin qu’il faut chérir et dorloter, un allié et un partenaire.

En sens inverse, le Maroc nourrit les mêmes desseins, objectifs et sentiments à l’endroit de l’Espagne. Le geste du Roi Mohammed VI de donner son feu vert pour l’entrée en vigueur de l’accord de pêche Maroc-UE à l’occasion de la visite de son homologue espagnol en est une pertinente illustration. 

La relation bilatérale qui s’exprime ainsi depuis plusieurs mois est marquée à la fois par de larges concordances de vues sur les questions diplomatiques régionales et internationales, une meilleure écoute de Madrid sur la question, nodale pour Rabat, du Sahara marocain, la volonté de conférer un caractère stratégique au partenariat entre les deux Etats et la position de plus en plus prééminente de l’Espagne en tant que fournisseur, client et investisseur au Maroc.

De quoi donner quelque souci à un partenaire aujourd’hui peu en cour à Rabat, la France, dont les responsables ont beaucoup fait pour en arriver là !!!

Fahd YATA