Marchés : le pétrole se stabilise autour de 110 dollars, suspendu aux tensions au Moyen-Orient
Les cours du pétrole évoluent autour de la barre des 110 dollars le baril, dans un contexte de fortes incertitudes liées au conflit au Moyen-Orient et aux menaces d’escalade impliquant les États-Unis et l’Iran.
Sur les marchés asiatiques, les prix ont montré des signes d’hésitation après une phase de forte hausse, les investisseurs restant attentifs aux développements géopolitiques et aux perspectives de négociation.
En début de séance, les prix du pétrole avaient atteint des niveaux élevés, le baril de WTI (référence américaine) grimpant jusqu’à 115,48 dollars, tandis que le Brent de la mer du Nord approchait les 111,89 dollars.
À la mi-journée, les cours se sont légèrement repliés. Vers 07H30 GMT, le WTI cédait 0,57% à 110,90 dollars, alors que le Brent progressait de 0,46% à 109,53 dollars.
Cette évolution traduit une phase d’ajustement après les tensions extrêmes observées ces dernières semaines, les prix restant proches des sommets atteints depuis le début des hostilités.
Les tensions sont alimentées par les déclarations du président américain Donald Trump, qui a menacé de cibler des infrastructures énergétiques iraniennes en cas de non-réouverture du détroit d’Ormuz.
Ce passage stratégique, par lequel transite environ 20% de la production mondiale de pétrole et de gaz, est largement perturbé depuis le début du conflit, entraînant des tensions durables sur l’approvisionnement mondial.
Selon Lloyd Chan, analyste de la banque MUFG, « la persistance des menaces pesant sur les infrastructures iraniennes critiques maintient les risques d’escalade à un niveau élevé, sans perspective de désescalade crédible ».
Dans le même temps, Donald Trump a évoqué de « bonnes chances » d’aboutir à un accord avec Téhéran, tout en n’excluant pas une intervention militaire, alimentant l’incertitude sur les marchés.
Des informations relayées par le média américain Axios évoquent des discussions entre les États-Unis, l’Iran et des médiateurs régionaux en vue d’une trêve de 45 jours pouvant déboucher sur un cessez-le-feu.
Cette perspective a contribué à modérer temporairement les cours. « Le marché a pris en compte cette possibilité, mais sans conviction », a estimé Stephen Innes, de SPI Asset Management, évoquant un certain soulagement mêlé à une forte prudence.
Malgré cette accalmie relative, les investisseurs restent sceptiques quant à la probabilité d’un accord rapide, dans un contexte marqué par une forte volatilité.
Les perturbations des flux pétroliers et gaziers, qui durent depuis plus d’un mois, ont déjà entraîné une hausse des prix de l’essence et du gazole dans plusieurs régions du monde.
Aux États-Unis, les prix à la pompe se rapprochent progressivement des niveaux records observés en 2022, lors du déclenchement de la guerre en Ukraine.
Cette situation ravive les inquiétudes inflationnistes, plusieurs banques centrales alertant sur le risque d’un retour de tensions sur les prix.
Dans ce contexte incertain, les marchés boursiers asiatiques ont montré une certaine résilience. La Bourse de Tokyo, l’une des rares ouvertes en ce lundi de Pâques, a terminé en légère hausse.
L’indice Nikkei a progressé de 0,54% pour atteindre 53.413,68 points, tandis que le Topix a gagné 0,62% à 3.644,80 points. À Séoul, l’indice Kospi a également avancé de 1,36%.
Selon les analystes, le passage récent de navires japonais dans le détroit d’Ormuz a contribué à atténuer les craintes liées aux perturbations logistiques, tandis que les perspectives de négociations ont soutenu le moral des investisseurs.
Sur le marché des changes, le dollar a reculé de 0,2% face au yen, s’établissant à 159,36 yens.
L’or, actif refuge, a légèrement rebondi, progressant de 0,23% à 4.687 dollars l’once, après un repli marqué en fin de semaine précédente.
Toutefois, la remontée des anticipations d’inflation et la perspective de hausses de taux pourraient peser sur le métal précieux, qui ne génère pas de rendement.
LNT avec AFP
