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Marchés financiers : l’or franchit le seuil historique des 5.000 dollars, les Bourses évoluent dans la prudence

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Marchés financiers : l’or franchit le seuil historique des 5.000 dollars, les Bourses évoluent dans la prudence

Par LNT
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Les marchés financiers mondiaux ont entamé la semaine dans un climat de prudence marqué, tandis que l’or a atteint un nouveau sommet historique en dépassant, pour la première fois, la barre symbolique des 5.000 dollars l’once. Cette envolée du métal précieux reflète un regain marqué de l’aversion au risque, dans un contexte international dominé par de fortes incertitudes économiques, financières et géopolitiques.

L’or au plus haut, porté par le climat d’incertitude

L’once d’or s’est hissée lundi jusqu’à 5.111,07 dollars, établissant un record absolu, avant de se maintenir autour de 5.097 dollars en matinée. Cette progression spectaculaire s’inscrit dans une tendance haussière de long terme : en janvier 2024, l’once se négociait encore légèrement au-dessus de 2.000 dollars. En l’espace de deux ans, sa valeur a donc plus que doublé.

Ce mouvement est largement attribué au rôle traditionnel de valeur refuge joué par l’or dans les périodes de forte instabilité. Les marchés sont notamment préoccupés par les orientations de la politique américaine sous la présidence de Donald Trump, marquées par des annonces fluctuantes et des prises de position souvent imprévisibles. Ces revirements ont contribué à éroder la confiance des investisseurs dans le dollar et les obligations souveraines américaines, pourtant considérés historiquement comme des actifs refuges.

Les tensions diplomatiques récentes autour du Groenland ont également nourri ce climat d’inquiétude. Les déclarations du président américain, laissant entendre une possible volonté de prise de contrôle du territoire, assorties de menaces de sanctions commerciales à l’encontre de partenaires européens, ont renforcé la nervosité des marchés avant un apaisement partiel du discours officiel. Dans ce contexte, l’or apparaît comme une alternative privilégiée pour la préservation du capital.

Plus largement, la hausse persistante du métal jaune est soutenue par la dépréciation de plusieurs devises et l’alourdissement du niveau d’endettement public dans de nombreux pays, deux facteurs qui renforcent l’attrait pour les actifs tangibles. La demande des banques centrales, désireuses de diversifier leurs réserves, contribue également à entretenir cette dynamique.

Des marchés boursiers en attente d’éléments déterminants

Sur les marchés d’actions, l’ambiance est restée mesurée, les investisseurs se montrant attentistes à l’orée d’une semaine dense en annonces économiques et financières. En Europe, les principales places ont évolué sans direction franche. Paris reculait légèrement, Francfort oscillait autour de l’équilibre, tandis que Londres et Milan affichaient de modestes gains.

Cette prudence s’explique en grande partie par l’imminence de la réunion de la Réserve fédérale américaine, prévue mardi et mercredi. Les marchés scruteront attentivement les indications fournies par la banque centrale sur l’orientation future de sa politique monétaire, dans un contexte de pressions politiques croissantes. Le président de la Fed, Jerome Powell, fait face à une période délicate, marquée par des tensions avec l’exécutif américain, alors que Donald Trump appelle depuis plusieurs mois à une poursuite des baisses de taux.

L’enjeu est d’autant plus important que la trajectoire des taux d’intérêt conditionne directement les perspectives de croissance, les flux de capitaux et les valorisations boursières. Toute inflexion du discours de la Fed pourrait provoquer des ajustements rapides sur l’ensemble des marchés financiers.

La saison des résultats sous surveillance

Autre facteur clé de la semaine : la publication de résultats trimestriels de plusieurs géants technologiques américains. Meta et Microsoft doivent dévoiler leurs performances mercredi, suivis par Apple jeudi. Ces annonces sont particulièrement attendues, dans un contexte où le secteur technologique joue un rôle moteur dans la dynamique des marchés et dans l’orientation des investissements mondiaux.

Les investisseurs chercheront notamment à évaluer la solidité de la croissance des revenus, la maîtrise des coûts et les perspectives liées à l’intelligence artificielle, devenue un axe stratégique majeur pour ces entreprises. Les résultats pourraient influencer significativement l’évolution des indices, tant à Wall Street qu’en Europe et en Asie.

Géopolitique et commerce international : des tensions persistantes

Les préoccupations géopolitiques demeurent également au premier plan. Le président américain a récemment évoqué la possibilité d’imposer des droits de douane de 100 % sur les importations canadiennes en cas d’accord commercial entre le Canada et la Chine. Cette déclaration a ravivé les craintes de nouvelles tensions commerciales, susceptibles de peser sur les échanges internationaux et sur la croissance mondiale.

En Asie, les marchés ont d’ailleurs évolué sans élan, à l’image de Hong Kong et Shanghai, en légère baisse. À Tokyo, la Bourse a reculé plus nettement, pénalisée notamment par les mouvements sur le marché des changes.

Le yen se redresse, soutenu par des anticipations d’intervention

La devise japonaise a enregistré une nette appréciation, gagnant plus de 1 % face au dollar. Ce mouvement est alimenté par des informations laissant entendre que la Réserve fédérale américaine pourrait soutenir une éventuelle intervention de Tokyo afin de freiner la dépréciation du yen. La monnaie nippone avait perdu près de 6 % face au billet vert au cours des six derniers mois, atteignant des niveaux historiquement bas.

Cette perspective d’intervention conjointe a redonné de la vigueur au yen, mais a également pesé sur la Bourse de Tokyo, traditionnellement sensible aux variations de change, notamment pour les valeurs exportatrices.

LNT avec AFP

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