Marché du travail: le chômage à 10,8% malgré une dynamique fragile, selon le HCP

Par LNT
HCP

Le Haut-Commissariat au Plan (HCP) a indiqué que le taux de chômage strict au Maroc s’est établi à 10,8% au premier trimestre 2026, dans le cadre des résultats de la nouvelle Enquête sur la main-d’œuvre (EMO2026). Le volume des personnes au chômage strict a atteint 1,253 million de personnes, dont près de 79,6% résident en milieu urbain.

Selon le HCP, les disparités entre les catégories de population demeurent importantes. Le taux de chômage strict atteint 16,1% chez les femmes contre 9,4% chez les hommes. Les jeunes âgés de 15 à 24 ans restent la catégorie la plus exposée avec un taux de 29,2%, suivis des 25-34 ans avec 16,1%.

Une participation au marché du travail toujours limitée

Au total, la population en âge de travailler est estimée à 27,8 millions de personnes au premier trimestre 2026. Parmi elles, 11,617 millions constituent la main-d’œuvre, regroupant les personnes en emploi contre revenu ainsi que les chômeurs au sens strict. Le taux de participation à la main-d’œuvre ressort ainsi à 41,8% au niveau national, avec un taux de 41% en milieu urbain et de 43,3% en milieu rural.

Le HCP relève également un écart marqué entre les hommes et les femmes en matière de participation au marché du travail. Le taux de participation atteint 66,4% chez les hommes contre seulement 17,5% chez les femmes. Les tranches d’âge 25-34 ans et 35-44 ans enregistrent les niveaux de participation les plus élevés, avec respectivement 56,7% et 56,5%.

Les services demeurent le principal pourvoyeur d’emplois

Concernant l’emploi contre revenu, le volume des personnes en emploi s’est élevé à 10,364 millions au premier trimestre 2026. Le taux d’emploi atteint ainsi 37,3% au niveau national, 35,5% en milieu urbain et 40,7% en milieu rural. Là aussi, les écarts entre les sexes restent importants : 60,1% pour les hommes contre 14,7% pour les femmes.

Le secteur des services demeure le principal pourvoyeur d’emplois au Maroc avec 5,085 millions d’actifs, soit 49,1% de l’emploi total. Il est suivi par l’agriculture, la sylviculture et la pêche qui concentrent 24,5% des emplois, puis l’industrie avec 13,6% et le BTP avec 12,7%.

En milieu urbain, près des deux tiers des personnes en emploi travaillent dans les services, tandis qu’en milieu rural, plus de la moitié des emplois restent concentrés dans l’agriculture.

Une sous-utilisation persistante de la main-d’œuvre

Le HCP met également en avant les différents indicateurs de sous-utilisation de la main-d’œuvre. Le taux combiné du chômage strict et du sous-emploi lié à la durée du travail s’établit à 16,6%, tandis que le taux combiné du chômage strict et de la main-d’œuvre potentielle atteint 17,1%. Quant au taux composite de la sous-utilisation de la main-d’œuvre, qui regroupe chômage, sous-emploi et main-d’œuvre potentielle, il ressort à 22,5% au niveau national.

Ce dernier indicateur atteint 45,3% chez les jeunes âgés de 15 à 24 ans et 31,1% chez les femmes, traduisant une concentration des différentes formes de fragilité sur le marché du travail au sein de ces catégories.

Des disparités régionales marquées

Sur le plan régional, les taux de participation à la main-d’œuvre les plus élevés sont observés à Dakhla-Oued Ed-Dahab (63,9%), Tanger-Tétouan-Al Hoceima (46,4%) et Casablanca-Settat (45,6%). À l’inverse, Drâa-Tafilalet affiche le taux le plus faible avec 31,1%.

Concernant le chômage strict, les régions de Laâyoune-Sakia El Hamra (20,3%), de l’Oriental (14,9%) et de Guelmim-Oued Noun (14,8%) enregistrent les niveaux les plus élevés, tandis que Dakhla-Oued Ed-Dahab (5,7%) et Marrakech-Safi (7%) affichent les taux les plus faibles.

Une nouvelle méthodologie alignée sur les normes internationales

Le HCP précise enfin que ces résultats s’inscrivent dans le cadre de la nouvelle Enquête sur la main-d’œuvre (EMO2026), appelée à remplacer l’ancienne Enquête nationale sur l’emploi. Alignée sur les dernières normes internationales de l’Organisation internationale du Travail (OIT), cette nouvelle méthodologie introduit une redéfinition de l’emploi et du chômage ainsi qu’une approche multidimensionnelle de la sous-utilisation de la main-d’œuvre. L’institution souligne ainsi que les résultats de l’EMO2026 ne sont pas directement comparables aux séries statistiques antérieures en raison de ces changements conceptuels et méthodologiques.

LNT

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