Madagascar sous surveillance étroite de la SADC
À l’issue de discussions qui se seraient tenues à Pretoria le 16 janvier 2026, la situation politique à Madagascar aurait de nouveau été examinée au plus haut niveau régional, dans le cadre des mécanismes de suivi de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC).
Cyril Ramaphosa, Président de la République d’Afrique du Sud, agissant en sa qualité de Président en exercice de la SADC et au nom des instances de l’organisation régionale, aurait rappelé avec insistance la nécessité pour les autorités de transition malgaches de se conformer pleinement aux recommandations émises par le Panel de médiation de la SADC. Ces orientations seraient notamment portées par l’ancien Président mozambicain, le Dr Joaquim Chissano, médiateur mandaté dans le dossier malgache.
La SADC aurait, à cette occasion, souligné plusieurs exigences considérées comme centrales pour la crédibilité et la viabilité du processus de transition. En premier lieu, la relance d’un dialogue politique véritablement inclusif aurait été présentée comme indispensable. Ce dialogue devra associer l’ensemble des forces politiques nationales, les organisations de la société civile, ainsi que les acteurs politiques contraints à l’exil.
Par ailleurs, la mise en place de garanties sécuritaires effectives permettant le retour des personnalités politiques exilées aurait été jugée prioritaire. Ces garanties doivent, en principe, les protéger de toute poursuite arbitraire, de toute intimidation ou de toute mesure de représailles, afin de favoriser l’instauration d’un climat minimal de confiance.
La SADC aurait également exprimé de sérieuses préoccupations face à la poursuite d’arrestations à caractère politique et de nominations unilatérales à visée politique. De telles pratiques sont susceptibles de porter atteinte à la liberté d’expression et de contribuer à fragiliser la crédibilité du processus de transition.
Le respect strict du calendrier de la transition et des mécanismes de sortie de crise aurait également été rappelé comme un impératif. Ces mécanismes doivent, en théorie, conduire à l’organisation d’élections libres et transparentes, seules à même de permettre la restauration d’une légitimité institutionnelle reconnue.
La SADC aurait, en outre, réaffirmé que la transition ne saurait être détournée à des fins de consolidation durable du pouvoir. Toute dérive en ce sens sera considérée comme incompatible avec les principes régionaux en matière de respect des droits humains, de pluralisme politique et de préservation d’une paix durable.
En filigrane, le message qui aurait été transmis est clair : le respect intégral et sans réserve des recommandations formulées par la SADC demeure la seule voie crédible pour restaurer la confiance, préserver la stabilité et garantir une sortie de crise conforme aux engagements régionaux et aux principes démocratiques.
Dans ce contexte, la communauté internationale, dont l’Union africaine et la SADC, reste attentive à l’évolution de la situation à Madagascar et attend de la junte des preuves concrètes et vérifiables d’une volonté effective de retour à l’ordre constitutionnel et démocratique.
Un premier test majeur de cette volonté pourrait intervenir à l’approche du 28 février, date butoir à laquelle les autorités de transition sont tenues de présenter une feuille de route tenant compte de l’ensemble des recommandations formulées par la SADC. Une telle échéance est difficilement contournable. Le colonel Michael Randrianirina et la junte ne peuvent s’y soustraire sans s’exposer à une remise en question du cadre régional d’accompagnement actuellement en place, voire à d’éventuelles mesures plus contraignantes.
LNT avec agences
