Économie et Finance

M. Adidi : Les dangers de l’urbanisation rapide

le 28 septembre 2013


L’urbanisation rapide au Maroc pose des problèmes économiques, sociaux, écologiques et de gouvernance, a souligné Abdelaziz Adidi, Directeur de l’Institut National d’Aménagement et d’Urbanisme (INAU).

La population urbaine au Maroc est passée de 8% en 1912 à 60% actuellement, et devrait atteindre 75% au cours des 20 prochaines années, a-t-il déclaré à la MAP à l’occasion de la tenue prochaine à Rabat, du 1er au 04 octobre, du second Sommet Mondial des dirigeants locaux et régionaux et le 4ème Congrès des Cités et gouvernements élus (CGLU), sous le thème « Imaginer la société, construire la démocratie ».

Cette croissance rapide de la population urbaine pose des problèmes économiques dus à une concurrence accrue entre les villes pour attirer les investissements nécessaires pour leur développement et créer davantage de richesses, a-t-il expliqué.

Elle pose également des problèmes écologiques à cause de la pression exercée sur les ressources naturelles (eau, forêt… ), la régression des superficies agricoles (cas du Gharb, Salé, Tadla…) et la production de davantage de déchets et de gaz toxiques.

Sur le plan social, M. Adidi a indiqué que l’urbanisation rapide a engendré également nombre de dysfonctionnements vu que seulement une minorité tire profit des richesses, et par conséquent le gouffre ne cesse de s’élargir entre les couches sociales.

Après avoir souligné que l’urbanisation pose en outre le problème de la gouvernance compte tenu de son rythme accéléré, M. Adidi a attribué ce phénomène à l’explosion démographique aussi bien au Maroc que dans les pays du sud. Le développement des villes dans les pays du nord était lié à la révolution industrielle et à la prospérité économique et sociale dans ces pays, ce qui n’était pas le cas dans les pays du sud où le phénomène de l’urbanisation rapide constitue « un cas pathologique » étant donné que ces agglomérations n’étaient pas dotées de tous les moyens nécessaire pour produire de la richesse, a-t-il expliqué.

Toutefois, a-t-il poursuivi, plusieurs pays du sud, dont le Brésil et le Maroc, ont réussi à maîtriser le phénomène de l’urbanisation et à lutter contre ses aspects négatifs à travers notamment de la mise en œuvre de politiques de la lutte contre les bidonvilles et l’habitat insalubre.

Le Maroc a pu relever ce défi grâce à une politique novatrice et globale, constituant une rupture avec celles précédentes, et à laquelle ont été associés les habitants et autres intervenants du secteur, a-t-il fait remarquer.

Selon M. Adidi, la recherche scientifique dans le domaine de l’urbanisme au Maroc est encore à ses débuts et les questions relatives à l’urbanisation et à l’aménagement du territoire jouissent de plus en plus de l’intérêt des spécialistes en la matière.

L’INAU, a-t-il rappelé, a été créé au début des années 1980 dans les objectifs principaux de former des cadres spécialisés dans ce domaine et de réaliser des études en matière d’urbanisme et d’aménagement du territoire national.

Il a, en outre, souligné que l’Institut passe par une période transitoire, car, en vertu de la loi no 0001, il peut délivrer des diplômes de Licence, de Master et de Doctorat, tout en ayant la possibilité de diversifier ses produits pédagogiques.

LNT
Crédits MAP