Société

Lycées français au Maroc : Les parents d’élèves face à une nouvelle augmentation des frais

le 22 décembre 2015


Les associations de parents d’élèves de l’ensemble des établissements français du Maroc ont été interpellées par leurs adhérents ainsi que par les familles (Rabat, Casablanca, Kénitra, Tanger, Marrakech, Fès et Meknès) suite à la publication sur le site du lycée Descartes des décisions n°1/2015 et n°7/2015, relatives aux droits à acquitter par les familles pour les rentrées 2015‐2016 et 2016‐2017.
S’agissant de la décision relative à la rentrée 2015‐2016, les parents confirment qu’il a bien été appliqué une augmentation de 1500 Dirhams annuelle sur les trois années 2013‐2014, 2014‐2015 et 2015‐2016 et ce, conformément aux échanges ouverts lors des séances d’information tenues entre l’administration de l’AEFE et les associations de parents d’élèves.
Les parents soulignent que leurs efforts ont été consentis  afin de maintenir à niveau le système comme cela leur avait été demandé et ce, malgré l’impact important de ces augmentations sur leurs budgets domestiques déjà rudement mis à l’épreuve (+de 58%en 5 ans). Ils honorent ainsi leurs engagements et ce, en dépit de l’absence d’une véritable concertation entre les parties concernées à savoir : l’AEFE et les familles représentées par leurs associations parentales.
S’agissant de la décision relative à l’année 2016‐2017, les parents ont été particulièrement choqués par la publication d’une décision devant les engager sur l’année suivante, comprenant de plus une reconduction de l’augmentation de 1 500Dh, alors même que les services du SCAC et de l’AEFE s’étaient engagés à limiter celle‐ci sur 3 années uniquement.
De même, les parents s’étonnent que ce document, habituellement soumis par le SCAC, avec les grilles tarifaires des établissements EGD subventionnés et ceux de l’OSUI non subventionnés, après la réunion de février relative aux budgets des établissements au Maroc, soit publié avec 6 mois d’avance et de façon unilatérale par l’AEFE même.

Les associations contestent également la ponction supplémentaire de 2,6 M€ prévue cette année sur les fonds de réserve du lycée Descartes, en sus des 4% annuellement appliqués. Ils considèrent que les fonds constitués à travers les frais d’écolage des parents d’élèves marocains, doivent bénéficier aux établissements du réseau Maroc et non être utilisés par l’AEFE pour des établissements ailleurs qu’au Maroc.
Ils expliquent que les besoins en financement de travaux, d’aménagements et des charges de fonctionnement des établissements Français au Maroc ne cessent d’augmenter. Comment y répondre avec les baisses continuelles du budget de l’AEFE et si les réserves durement constituées échappent aux principes de la gestion directe que sont les EGD ?
Il convient de souligner que les associations et les parents d’élèves se sentent très concernés par les évolutions et les nouvelles contraintes qu’a enregistrées l’environnement scolaire des établissements au cours de ces trois dernières années d’augmentation successives. Toutefois, ces mêmes parents se retrouvent aujourd’hui dans l’impossibilité de subir toutes nouvelles augmentations et n’ont aucune visibilité sur le moyen et long terme.
Pourtant, leur engagement à défendre aussi bien la culture que la qualité de l’enseignement français et sa promotion locale, constitue un élément déterminant dans la place que compte aujourd’hui le pôle Maroc au sein du réseau mondial et de sa bonne santé (le plus grand réseau).
Ils souhaitent continuer à défendre ces acquis, les voir se développer et éviter les difficultés qu’enregistrent çà et là d’autres établissements régionaux après la crise et les évènements politiques liés au printemps arabe.
En tant que parents co‐éducateurs, ils ne leurs est plus possible d’être considérés que comme des observateurs inactifs de pratiques et de décisions inadaptées aux spécificités régionales, sachant qu’elles sont continuellement axées sur la mise sous pression systématique des parents en substitution au désengagement progressif de l’État Français.

Cette demande est en parfaite harmonie avec les recommandations contenues dans le rapport des députés dans le cadre de la mission confiée par le Ministre des Affaires Etrangères Français pour identifier les moyens à même de contenir la hausse des frais de scolarité, ainsi qu’avec les divers articles du code de l’éducation.
Les associations de parents d’élèves des établissements français du Maroc, se sont alors organisées et réunies dans un cadre unitaire, pour adresser un écrit à madame la directrice de l’AEFE fin octobre 2015 et organiser une rencontre concernant ces points.  Leur  requête, malgré une relance envoyée fin novembre, est restée lettre morte à leur grand étonnement et déception.
En l’état d’avancement actuel de notre sujet, le groupement d’associations de parents d’élèves, constate qu’il est grand temps d’organiser et de valoriser les relations entre l’AEFE et les associations locales, réellement représentatives des parents au Maroc; avec prés de 80 % des sièges de représentantes et représentants élus des parents d’élèves dans les instances de représentation dans les établissements français au Maroc, le groupement a une légitimité reconnue et représente un moyen certain pour progresser rapidement dans la concertation.
Les parents d’élèves représentés par le Groupement d’associations du Maroc, se félicitent des annonces sur les relations entre les parents et l’école, faites par Mme Najat Vallaud‐Belkacem, ministre de l’Éducation nationale de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, à l’occasion de la journée du 15 décembre, consacrée aux représentants de parents d’élèves et à la coéducation.
Ils souhaitent être considérés comme partenaires à part entière de l’AEFE et, à ce titre, souhaitent être associés et participer aux décisions sur tout aspect concernant directement ou indirectement leurs enfants et leur place dans la communauté éducative, notamment le financement des établissements français au Maroc.

LNT avec CdP 

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