La deuxième édition du forum international consacré aux solutions d’investissement et de financement pour l’avenir du rail africain se tient mercredi et jeudi à Rabat. Les responsables de l’Office national des chemins de fer y ont posé un constat : les financements publics traditionnels ne peuvent plus suffire à l’ampleur des besoins.
Le programme ferroviaire marocain mobilise 96 milliards de dirhams à l’horizon 2030, lancé en 2025. Il prévoit le prolongement de la grande vitesse jusqu’à Marrakech, portant le réseau à grande vitesse à environ 630 kilomètres, l’acquisition de 168 trains et la mise en place de services de proximité de type réseau express régional dans les grandes agglomérations, pour un trafic de plus de 55 millions de voyageurs par an.
Le financement demeure un défi majeur, a reconnu le directeur général de l’office, Mohamed Rabie Khlie. Le directeur du pôle finances, gouvernance et achats, Oussama Lachhab, a rappelé que les revenus du trafic voyageurs ne suffisent pas nécessairement à couvrir les coûts d’un projet ferroviaire.
Plusieurs instruments ont été passés en revue. L’épargne à long terme des caisses de retraite et des compagnies d’assurance, sur des horizons de quarante ans et plus, est présentée comme la ressource la plus adaptée à la durée de vie des actifs ferroviaires. Les banques de développement, le financement export auprès des banques commerciales pour accompagner les achats d’équipements, et les financements concessionnels destinés à abaisser le coût de la ressource complètent le dispositif.
L’office a par ailleurs recouru aux obligations vertes, à hauteur d’un milliard de dirhams en 2022, puis de deux milliards en 2025 et de deux milliards en 2026. Un financement dont le taux serait lié à des indicateurs environnementaux, sociaux et de gouvernance est à l’étude.
Sur les partenariats public-privé, le responsable financier a mis en garde contre une confusion fréquente : l’erreur consiste à considérer le partenariat public-privé comme une source de financement, a-t-il déclaré, en soulignant que sa réussite dépend de la répartition des risques et de l’existence de compétences publiques suffisantes.
L’enjeu dépasse le cas marocain. Le déficit d’infrastructures ampute la croissance annuelle du continent d’environ deux points et peut entraîner une perte de productivité industrielle allant jusqu’à 40%, selon des estimations reprises par l’Union africaine.
LNT