Le ministre iranien des Affaires étrangères a indiqué lundi soir espérer une position officielle de Washington dans la journée de mardi, au terme de discussions indirectes conduites par la médiation qatarie en marge de l’Assemblée générale des Nations unies.
Abbas Araghchi a précisé que « l’attention porte actuellement uniquement sur le détroit d’Ormuz, et sa réouverture est conditionnée au respect de certaines exigences transmises à l’autre partie ». Téhéran réclame un cessez-le-feu de sept jours à l’échelle du Moyen-Orient, y compris au Liban, ainsi que le dégel des avoirs iraniens, la levée des sanctions sur le pétrole iranien et la fin du blocus naval américain sur les ports iraniens, imposé en riposte à la fermeture du détroit.
Le président américain avait publiquement rejeté l’offre iranienne samedi, estimant que Téhéran était en position de faiblesse, tout en disant attendre une reprise des discussions dans les jours suivants. La partie iranienne a démenti la programmation d’une nouvelle rencontre directe. Des échanges indirects avaient eu lieu la semaine précédente entre les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner et le chef de la diplomatie iranienne. Washington soutient par ailleurs que le détroit est déjà ouvert, affirmation contredite par l’état réel du trafic.
Les conséquences sur les marchés restent lourdes. Le détroit acheminait environ un cinquième des flux mondiaux de pétrole et de gaz naturel liquéfié avant la fermeture engagée fin février, avec quelque 125 navires de commerce par jour. Les exportations pétrolières du Golfe se situent désormais autour de 15 à 16 millions de barils par jour, contre 25 millions avant le conflit, et le Brent a franchi le seuil des 100 dollars le baril.
Le Maroc, importateur net de produits raffinés, subit directement cette tension. Les prix à la pompe ont été relevés à deux reprises en septembre, le gasoil atteignant environ 15,35 dirhams le litre après une hausse de 34 centimes à la mi-septembre, et l’essence dépassant 15,20 dirhams. La facture énergétique constitue l’une des principales variables du déficit commercial et l’une des hypothèses les plus sensibles du prochain projet de loi de finances.
LNT