Le plafond de la commission d’interchange applicable aux transactions par carte domestique passe de 0,65% à 0,50% hors taxes à compter du 1er octobre, avec un taux préférentiel de 0,15% pour les paiements à destination de l’administration et pour le commerce de proximité.
L’interchange désigne la commission reversée par la banque acquéreuse, celle qui contracte avec le commerçant, à l’établissement émetteur de la carte. Elle constitue la composante principale du coût supporté par le commerçant à chaque encaissement électronique, et explique une large part de la réticence des petits détaillants à s’équiper en terminaux.
La mesure intervient après la sortie du modèle d’acquéreur unique. Le Centre monétaire interbancaire s’est retiré de l’activité d’acquisition pour se recentrer sur son rôle de plateforme technique de traitement, ouvrant depuis mai 2025 le marché à de nouveaux opérateurs agréés, établissements de paiement et filiales bancaires dédiées. Bank Al-Maghrib et le Conseil de la concurrence relèvent que cette ouverture a déjà produit une diversification des offres commerciales et une baisse sensible des commissions d’acquisition facturées aux commerçants.
Le taux préférentiel de 0,15% cible deux segments jugés prioritaires : les paiements vers les administrations et organismes publics, où la carte reste peu utilisée, et le commerce de proximité, qui constitue l’essentiel du tissu de détail marocain et le principal gisement de conversion des paiements en espèces.
L’enjeu porte sur le taux d’usage plus que sur le parc de cartes. Le Royaume compte plusieurs millions de porteurs, mais une part prépondérante des retraits reste orientée vers le distributeur automatique de billets plutôt que vers le paiement direct, ce qui maintient le poids du numéraire dans l’économie et limite la traçabilité des transactions.
LNT