Libye: l’ONU appelle à des « réformes urgentes » pour le respect des droits des migrants
L’ONU a appelé mardi les autorités libyennes, tant à Tripoli qu’à l’est du pays, à engager des « réformes urgentes » pour mettre fin aux graves violations subies par les migrants et réfugiés.
Dans un rapport conjoint, la Mission d’appui des Nations unies en Libye (Manul) et le Haut-Commissariat aux droits de l’Homme (HCDH) dénoncent des « violations systématiques » commises « en toute impunité », évoquant un véritable « modèle d’exploitation » devenu une pratique normalisée.
Le document recense notamment des interceptions dangereuses en mer, des expulsions collectives, des violences sexuelles, ainsi que des arrestations et détentions arbitraires, disparitions forcées, tortures et discriminations. Environ 5.000 personnes étaient détenues fin 2025 dans des centres officiels, un chiffre jugé largement sous-estimé.
Les agences onusiennes exigent la libération immédiate des personnes détenues arbitrairement et appellent l’Union européenne à instaurer un moratoire sur les interceptions et renvois vers la Libye tant que des garanties en matière de droits humains ne sont pas assurées.
Depuis 2014, plus de 33.000 morts et disparus ont été recensés sur la route migratoire de la Méditerranée centrale, l’une des plus meurtrières au monde, selon le rapport. La Libye demeure un point de départ majeur pour les migrants, estimés à environ 900.000 dans le pays à la mi-2024.
LNT avec Afp
