Le ministre de l’Économie, des Finances et de la Performance publique a indiqué que le relèvement de la pension minimale de retraite serait pris en charge par le budget de l’État et non par les caisses, afin de ne pas peser sur l’équilibre financier des régimes. Le projet de loi de finances porte le minimum à 1 700 dirhams par mois à partir de janvier, pour un coût annuel d’environ 3 milliards de dirhams et quelque 500 000 bénéficiaires.
Ce coût ne sera pas supporté par les caisses de retraite, a déclaré Fouzi Lekjaa dans une émission de la télévision publique, en qualifiant la mesure de choix social. La trajectoire doit conduire la pension minimale à 3 000 dirhams par mois à l’horizon 2031.
Un second dispositif porte la part de la pension revenant aux veuves de la moitié à la totalité de celle du conjoint décédé. Il concerne environ 431 000 personnes pour un coût annuel de 7,3 milliards de dirhams, également supporté par le budget général. Les dépenses ne se divisent pas par deux quand le mari décède, a justifié le ministre, l’objectif étant de maintenir le niveau de revenu du ménage. Interrogé sur la situation d’une veuve qui se remarie, il a renvoyé la question au cadre légal et aux juridictions compétentes.
Le ministre a annoncé la présentation de la réforme des retraites le plus rapidement possible, estimant que la phase de concertation en commission technique laissait désormais place aux arbitrages. Nous allons passer aux décisions, a-t-il déclaré, en assurant que les droits acquis des adhérents seraient préservés. Le sort des retraités percevant plus de 3 000 dirhams reste à l’étude, sans solution annoncée.
Le choix de faire porter ces deux mesures par le budget général, plutôt que par les régimes, en déplace la charge sans traiter les déséquilibres structurels que la réforme annoncée doit précisément aborder. Cumulées, les deux dispositions représentent plus de 10 milliards de dirhams par an de dépenses nouvelles pour l’État.
LNT