L’Espagne salue la coopération marocaine sur le retour des mineurs — mais le dossier reste complexe

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Madrid et Rabat semblent vouloir tourner une page sur un dossier particulièrement sensible : celui des mineurs marocains non accompagnés présents à Ceuta.

Depuis Ceuta, le ministre espagnol des Affaires étrangères José Manuel Albares a publiquement salué la position du Maroc et sa disponibilité à coopérer pour organiser le retour des mineurs marocains identifiés.

Et cette déclaration intervient dans un contexte particulier.

Ces dernières semaines, Ceuta s’est retrouvée sous une forte pression avec l’arrivée et la présence de nombreux mineurs non accompagnés dans la ville.

Les autorités espagnoles indiquent désormais travailler avec Rabat sur leur regroupement familial au Maroc. Un travail d’identification concerne notamment 1 527 mineurs marocains afin de déterminer les possibilités de retour auprès de leurs familles.

Mais attention à un point essentiel :

« Le Maroc accepte le retour » ne signifie pas « les mineurs sont automatiquement renvoyés ».

Le processus doit tenir compte de la situation individuelle de chaque mineur et de son intérêt supérieur.

Il existe déjà un cadre de coopération entre l’Espagne et le Maroc datant de 2007, consacré notamment à la prévention de l’émigration irrégulière des mineurs, à leur protection et à leur retour concerté. Les procédures de retour doivent cependant respecter le droit espagnol et les garanties applicables aux mineurs.

Concrètement, les autorités doivent donc répondre à plusieurs questions :

Qui est le mineur ?

Où se trouve sa famille ?

La famille peut-elle effectivement l’accueillir ?

Quelles sont ses conditions de vie ?

Et surtout :

Quel est son intérêt supérieur ?

C’est pour ça que le dossier ne peut pas être résumé à une simple question de frontières.

Il touche à la fois à la migration, aux relations Maroc-Espagne, mais aussi à la protection des mineurs.

Et c’est précisément ce qui rend la déclaration d’Albares intéressante.

Après plusieurs jours de tensions autour de Ceuta, Madrid met publiquement en avant la coopération avec Rabat.

De son côté, le Maroc avait déjà réaffirmé début août sa disponibilité à reprendre les mineurs marocains non accompagnés dûment identifiés, tout en rejetant les accusations de manque de coopération.

Le message est donc plutôt clair :

Les deux pays veulent travailler ensemble sur les retours.

Mais le calendrier et les modalités restent à définir au cas par cas.

Et derrière les chiffres et les déclarations diplomatiques, il y a surtout des jeunes.

Des mineurs qui se retrouvent au cœur d’un dossier impliquant deux États, une frontière et des procédures administratives complexes.

C’est pourquoi il faut éviter les raccourcis.

Ce n’est ni simplement « l’Espagne renvoie les enfants », ni « le Maroc refuse de les reprendre ».

La réalité est beaucoup plus juridique et beaucoup plus humaine.

Le Maroc dit être prêt à coopérer pour leur retour lorsqu’ils sont identifiés et que les conditions sont réunies.

L’Espagne, elle, doit organiser ces retours dans le respect de ses propres procédures et de la protection des mineurs.

Et désormais…

Madrid affirme publiquement vouloir avancer avec Rabat.

Dans une relation marquée ces dernières années par des dossiers migratoires parfois très tendus, cette coopération pourrait représenter un petit pas vers l’apaisement.

Mais le véritable test sera maintenant très concret :

combien de mineurs pourront effectivement retrouver leur famille, dans quelles conditions, et à quel rythme ?

C’est là que se mesurera réellement cette nouvelle coopération entre le Maroc et l’Espagne.

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