Les États-Unis ont mené dimanche une nouvelle vague de bombardements contre l’Iran, en représailles à la mort de deux de leurs militaires tués vendredi dans des frappes iraniennes en Jordanie. Téhéran a répliqué en visant plusieurs pays alliés de Washington dans la région, portant les hostilités à un niveau inédit depuis la reprise du conflit.
Une huitième nuit de bombardements
Selon l’armée américaine, cette huitième nuit consécutive de frappes visait à sanctionner la mort de ces deux soldats, les premiers tués côté américain depuis la reprise de la guerre le 7 juillet. Un troisième militaire reste porté disparu. Washington affirme avoir visé des sites militaires ainsi que des unités du Corps des Gardiens de la révolution islamique jugées responsables de l’attaque en Jordanie.
Du côté iranien, des frappes ont été signalées sur la ville portuaire de Sirik, dans la province méridionale d’Hormozgan, régulièrement visée ces derniers jours, ainsi que sur une centrale nucléaire en construction à Darkhovin, dans le sud-ouest du pays, selon l’Organisation iranienne de l’énergie atomique.
Le Koweït et Bahreïn également touchés
Les répercussions du conflit se sont étendues dimanche au Koweït et à Bahreïn, tous deux alliés des États-Unis dans le Golfe. Au Koweït, une centrale électrique et de dessalement d’eau a été frappée pour la troisième journée consécutive, provoquant un incendie. Les autorités koweïtiennes, qui avaient dénoncé la veille le ciblage de leurs infrastructures essentielles, ont appelé la population à économiser l’électricité alors que le mercure atteignait 47°C. Le Conseil de coopération du Golfe a de son côté qualifié ces attaques de crimes de guerre.
À Bahreïn, qui héberge la Ve flotte de la marine américaine, des sirènes d’alerte ont également retenti à plusieurs reprises. Le royaume accuse l’Iran de viser des cibles civiles depuis l’effondrement du protocole d’accord signé le 17 juin pour tenter de ramener la paix dans la région.
Missiles interceptés par Israël et la Jordanie
L’armée israélienne a indiqué avoir intercepté, avec les forces jordaniennes, un missile dirigé vers le port jordanien d’Aqaba, situé près de la ville israélienne d’Eilat sur la mer Rouge. La Jordanie a par ailleurs annoncé avoir abattu trois autres missiles iraniens visant son territoire, un quatrième s’étant écrasé dans une zone désertique. Téhéran affirme pour sa part avoir ciblé des bases militaires utilisées par les forces américaines.
Ces échanges marquent le niveau de violence le plus élevé depuis le cessez-le-feu conclu en avril, censé mettre fin à la guerre déclenchée par l’offensive israélo-américaine du 28 février. Des infrastructures civiles sont désormais visées des deux côtés.
Message ferme du guide suprême iranien
Dans un message diffusé samedi par la télévision d’État, le guide suprême iranien, l’ayatollah Mojtaba Khamenei, a averti que la nation iranienne et ce qu’il appelle le front de la résistance avaient, selon ses mots, des leçons à donner aux États-Unis. Il a également estimé que les violations répètées du protocole d’accord démontraient que la parole du président américain n’avait aucune valeur. Le dirigeant iranien, qui a succédé à son père tué le premier jour de la guerre, n’est toujours pas apparu en public depuis son accession au pouvoir.
Selon le gouvernement iranien, les frappes américaines ont fait au moins 50 morts et plus de 500 blessés depuis le 27 juin, en plus des dégâts causés selon lui à des infrastructures civiles. Côté américain, le bilan s’élève à 16 militaires tués depuis le début du conflit fin février.
Le trafic maritime de nouveau paralysé dans le détroit d’Ormuz
Le détroit d’Ormuz, dont la réouverture par l’Iran constituait l’un des principaux acquis du protocole d’accord de juin, est de nouveau le théâtre d’incidents à répétition. Dimanche, l’Iran a annoncé avoir stoppé quatre navires cherchant à franchir le détroit sans son autorisation, en immobilisant deux et en contraignant les deux autres à faire demi-tour.
Avant la guerre, près d’un cinquième du commerce mondial d’hydrocarbures transitait par cette voie stratégique. Les États-Unis ont, de leur côté, rétabli le blocus des ports iraniens qu’ils avaient levé après la signature de l’accord de juin.

