Les élections américaines de mi-mandat du 3 novembre se sont soldées par un net revers pour Donald Trump et le Parti républicain. Les démocrates comptent 51 sièges au Sénat, contre 40 aux républicains dans un décompte encore partiel, et devancent largement leurs adversaires à la Chambre des représentants, où ils totalisaient 141 sièges contre 79 en fin de soirée.
Le seuil de la majorité est fixé à 218 sièges à la Chambre et à 51 au Sénat. Le dépouillement restait en cours dans plusieurs États, notamment au Michigan, dans le Maine, au Minnesota, en Alaska, au Mississippi, au Nebraska et au Nevada, la Californie pouvant ne publier ses résultats que dans plusieurs jours. Les chiffres cités demeurent donc provisoires.
Les démocrates ont gagné au moins six sièges de sénateur, en Caroline du Nord, en Caroline du Sud, au Texas, dans l’Ohio, au Kansas et dans l’Iowa. Hakeem Jeffries devrait prendre en janvier la présidence de la Chambre, à la place de Mike Johnson.
Plusieurs scrutins d’État marquent la soirée. Au Texas, la démocrate Gina Hinojosa a battu le gouverneur républicain sortant Greg Abbott, et James Talarico a remporté le siège de sénateur face à Ken Paxton. En Géorgie, Keisha Lance Bottoms a été élue gouverneure et Jon Ossoff réélu sénateur. Dans l’Ohio, Amy Acton a été élue gouverneure et Sherrod Brown sénateur. En Floride, la républicaine Ashley Moody a conservé son siège de sénatrice avec 50,8% des voix.
Les enquêtes réalisées à la sortie des urnes situent le motif du vote. Le coût de la vie a pesé dans le choix de neuf électeurs sur dix, près des deux tiers tenant la politique du président pour responsable de la hausse des prix, et environ quatre électeurs sur dix déclarant avoir voté pour s’opposer à lui. Plus de la moitié expriment par ailleurs une opinion défavorable du Parti démocrate, ce qui circonscrit la portée du résultat à un vote de sanction plutôt qu’à une adhésion.
Les conséquences institutionnelles sont immédiates. Les démocrates présideront les commissions de la Chambre, avec la capacité d’ouvrir des enquêtes et de convoquer des membres de l’administration, et disposeront du levier budgétaire. Au Sénat, ils pourront bloquer la confirmation de ministres, d’ambassadeurs et de juges fédéraux. Le président devrait recourir davantage au décret durant les deux dernières années de son mandat.
Ce scrutin intervient après une campagne où le chef de l’État a appelé ses électeurs à voter comme s’il figurait lui-même sur le bulletin et engagé plus de 400 millions de dollars de son fonds de campagne. Il s’était par ailleurs tenu à l’écart de toute décision sur les taux d’intérêt, la Réserve fédérale ayant reporté la sienne au-delà du scrutin, et avait reporté à l’après-élection l’éventualité de nouvelles frappes contre l’Iran.
LNT