Un projectile non identifié a provoqué dimanche un incendie sur le terminal 4 de l’aéroport international Roi Khaled de Riyad, faisant un mort et onze blessés selon l’autorité saoudienne de l’aviation civile. Dans la soirée, la même autorité a signalé une nouvelle frappe sur l’aéroport de Dammam, dont les dégâts étaient en cours d’évaluation.
Ces attaques prolongent une séquence ouverte en milieu de semaine. Des frappes revendiquées par les Houthis avaient fait six morts mercredi et jeudi. Samedi, une attaque contre l’aéroport de Riyad a tué treize personnes et blessé 309 autres selon un bilan provisoire, le plus lourd enregistré dans le royaume depuis août 2015, et les vols ont été suspendus jusqu’à nouvel ordre. Sur l’ensemble de la période du 5 au 11 octobre, dix attaques ont visé cinq aéroports saoudiens, faisant une vingtaine de morts et plusieurs centaines de blessés. L’aéroport de Riyad a été touché cinq fois, celui de Dammam deux, ceux d’Abha, de Jazan et de Najran une fois chacun.
Le porte-parole militaire des Houthis, Yahya Saree, a revendiqué dimanche quatre opérations en vingt-quatre heures, visant l’aéroport international de Riyad, l’installation gazière de Shugadam et la raffinerie de Tanajib, deux sites de la compagnie nationale saoudienne dans l’est du pays, ainsi que l’aéroport de Dammam. Le mouvement affirme avoir employé des missiles balistiques, des missiles de croisière et des drones. Les autorités saoudiennes n’ont pas confirmé la nature des projectiles.
La coalition conduite par Riyad a qualifié ces attaques de crime de guerre et promis une réponse ferme. Elle indique par ailleurs avoir intercepté un missile balistique dirigé vers Khamis Mushait. Les Houthis affirment de leur côté que l’Arabie saoudite a mené 124 frappes aériennes sur le Yémen depuis samedi, dont sur Sanaa. Le gouvernement yéménite a approuvé un projet de loi classant le mouvement comme organisation terroriste.
Donald Trump a jugé l’attaque de l’aéroport de Riyad inacceptable, indiqué qu’il envisageait une participation américaine à des opérations militaires contre les Houthis et annoncé un entretien avec le prince héritier Mohammed ben Salmane. Les Nations unies, la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne, le Qatar, la Jordanie, la Russie, l’Irak et le Pakistan ont condamné les attaques, de même que la Turquie, l’Égypte et les Émirats arabes unis.
Les Houthis ont averti voyageurs, personnels et compagnies aériennes que les aéroports saoudiens n’étaient pas sûrs, à l’exception de ceux de La Mecque et de Médine, au moment où s’ouvre la saison de la Omra. Les écoles de Riyad sont passées à l’enseignement à distance.
Cette situation concerne directement les voyageurs marocains. Les liaisons vers Djeddah et Riyad et les circuits de la Omra, dont les Marocains sont parmi les premiers utilisateurs africains, sont exposés aux suspensions et aux retards en cascade décidés par les autorités saoudiennes. Le Conseil de coopération du Golfe avait par ailleurs réaffirmé le 3 octobre son soutien au plan marocain d’autonomie pour le Sahara, confirmant la densité des liens entre Rabat et les capitales du Golfe.
LNT