Le ministre de l’Économie, des Finances et de la Performance publique a exclu mardi tout retour des carburants dans le dispositif de compensation, devant la commission des finances et du développement économique de la Chambre des représentants, saisie de l’examen détaillé du projet de loi de finances.
Fouzi Lekjaa a évalué entre 50 et 70 milliards de dirhams par an le coût d’un soutien généralisé et non ciblé, en estimant qu’un tel mécanisme profiterait d’abord aux catégories à fort pouvoir d’achat et aux gros consommateurs. Il ne permettrait pas d’atteindre la justice sociale et ne protégerait pas, en premier lieu, les couches visées, a-t-il déclaré, en appelant à un langage de vérité et en dénonçant la démagogie.
Le ministre a également relativisé la portée d’une suppression de la taxe intérieure de consommation, qui ne ferait baisser le prix à la pompe que d’environ 1,20 dirham par litre. Sur les marges des distributeurs, il a avancé un chiffre d’affaires sectoriel de 131 milliards de dirhams en 2025 pour une marge bénéficiaire d’environ 5,85%, inférieure au pic de 2017, en invitant à tenir compte des risques liés à l’importation et de la volatilité des cours de Rotterdam, qui impose de programmer les commandes jusqu’à trois mois à l’avance.
Trois priorités ont été annoncées, le parachèvement des conditions d’une concurrence libre, l’accroissement des capacités de stockage au titre de la sécurité énergétique et la séparation progressive des activités d’importation et de distribution.
Sur la raffinerie de Mohammedia, le ministre a estimé que le raffinage n’était plus un choix stratégique et ne garantissait pas nécessairement une baisse des prix locaux, en particulier au-delà de 100 dollars le baril. Il s’est déclaré favorable à tout partenariat public-privé ou investissement, marocain ou étranger, pour une remise en service, en jugeant que la valeur de l’installation réside aujourd’hui surtout dans ses infrastructures, utiles au stock stratégique.
La position intervient trois jours après la hausse du gasoil à la pompe, de 80 centimes à un dirham le litre, et une semaine après la demande d’intervention urgente adressée à la cheffe du gouvernement par la Chambre des pêches maritimes de la Méditerranée, qui sollicitait l’étude d’un plafonnement du prix du gasoil marin. Aucune mesure spécifique en faveur des transporteurs ou des pêcheurs n’a été annoncée devant la commission.
LNT