La capitale économique du pays reste un chantier à ciel ouvert. La ville vit au rythme d’un certain nombre de travaux qui compliquent la circulation. En dépit des multiples projets d’élargissement de voies, de tunnels et de lignes de tramway réalisés, la circulation dans certaines artères de Casablanca reste une mission quasi impossible. Pendant le mois de Ramadan, qui impose un timing spécial, la conduite devient davantage stressante pour bon nombre d’automobilistes.
À Casablanca, plus de 1,2 million de véhicules sillonnent quotidiennement les boulevards et les différentes artères de la ville, où les travaux et chantiers ne s’arrêtent pas, ou presque.
Actuellement, la ville regorge de chantiers ouverts d’infrastructures de transport urbain, notamment les nouvelles lignes de tramway et de Busway. Au menu également, les travaux de la LGV Kénitra-Marrakech, lancés le 24 avril 2025, traversent Casablanca avec un objectif majeur : porter à six le nombre de voies (2 LGV, 2 classiques, 2 de proximité). Ce chantier colossal inclut l’élargissement d’au moins 40 ouvrages dans la wilaya de Casablanca, la construction de la nouvelle gare Casa-Sud et le déploiement d’une signalisation moderne, avec des perturbations du trafic ferroviaire à prévoir jusqu’à fin 2027.
Les usagers des artères Ibn Tachfine, La Gironde ou encore de l’Allée des Mimosas à Aïn Sebaâ vous diront à quel point la circulation à ces points nécessite beaucoup de patience. Encore plus pendant le mois de Ramadan. D’ailleurs, la société Casa Transports invite les automobilistes casablancais à éviter le centre-ville durant le Ramadan, notamment les boulevards Rahal El Meskini et Allal El Fassi.
Des axes à éviter
Le boulevard Mohammed VI (T’riq Médiouna), qui relie Derb Omar à Souk Qoriâ en passant par Benjdia, Biada et Garage Allal, est un axe à éviter absolument durant ce mois. En effet, cet espace constitue l’un des principaux accès de la ville de Casablanca et draine un trafic très dense, avec des flux importants de camions, de VUL et de triporteurs. Artère centrale de la capitale économique, cet axe donne sur les principales sorties de la ville vers l’autoroute ou encore vers les routes nationales. Il dessert également les quartiers les plus animés de la métropole, les zones commerciales et industrielles ainsi que les périphéries. Un axe vivant abritant une bonne partie du trafic automobile et de la mobilité à Casablanca. D’ailleurs, la circulation y a toujours été dense, particulièrement du côté de Garage Allal, et les embouteillages dans cette partie de la ville donnent le tournis. Ce ne sont certainement pas les habitués de cet axe qui diront le contraire.
La circulation reste également difficile pour les usagers du centre-ville, du Maârif, de Zerktouni, de 2 Mars, de Sidi Othmane, de Hay El Hassani vers Dar Bouaâzza, Aïn Chock, Hay Inara ou encore Hay Al Qods. Même la trémie Almohades, nouvellement ouverte, n’a pas résolu comme il se doit la problématique de la fluidité au niveau des boulevards des FAR, Al Moqawama et de la porte n°3 du port, puisque cet espace connaît des bouchons importants durant les heures de pointe.
C’est dire à quel point les usagers des différents moyens de transport à Casablanca galèrent au point d’en perdre patience et contrôle. Très vite, l’incivisme devient la règle, avec des conduites dangereuses, des queues de poisson, le refus de priorité à droite, le non-respect des feux rouges et de la signalisation, l’empiètement sur les rails du tramway… Bref, une véritable fawda !
Pendant les heures de pointe, la métropole est complètement étranglée. En taxi, en bus, en voiture ou encore en moto, atteindre sa destination relève du parcours du combattant. Un casse-tête aux conséquences en cascade sur le quotidien des Bidaouis.
Il est toutefois important de rappeler que les automobilistes à Casablanca perdent un temps considérable dans les embouteillages, avec une moyenne estimée à environ 100 à 120 heures par an pour les trajets domicile-travail. Cette situation, qui s’apparente à près de cinq jours perdus par an, s’intensifie avec l’augmentation du trafic urbain. En termes de densité et de saturation du trafic, la capitale économique se hisse à la 8ᵉ place du continent africain, derrière Lagos, Nairobi, Le Caire, Alexandrie, Pretoria, Cape Town et Johannesburg.
Face à une telle situation, les Casablancais n’ont qu’à prendre leur mal en patience. Au final, une fois à la maison, sains et saufs, autour d’une table de f’tour bien garnie, on ressent souvent un sentiment de fierté et d’apaisement de l’esprit…
H.Z

