Le Programme alimentaire mondial a annoncé la réduction de son aide alimentaire mensuelle à Gaza de 500 000 personnes, soit environ un tiers de ses bénéficiaires, faute de financements. L’agence onusienne assistait jusqu’ici près de 1,6 million de personnes chaque mois.
Les besoins restent très supérieurs à ce périmètre : environ 1,4 million des 2,1 millions d’habitants du territoire se trouvent en situation d’insécurité alimentaire aiguë et dépendent de l’aide pour survivre.
Les rations sont également réduites. Les familles bénéficiaires recevront un seul colis alimentaire et un sac de farine de blé de taille réduite. Les repas chauds distribués quotidiennement passent de 250 000 à 150 000, et les transferts monétaires ont été diminués.
Le déficit de financement est à l’origine de ces coupes. L’agence a reçu en 2026 moins de la moitié des montants obtenus les années précédentes pour ses opérations dans les territoires palestiniens, et évalue à 450 millions de dollars, environ 400 millions d’euros, le besoin nécessaire pour maintenir ses activités à Gaza et en Cisjordanie pendant six mois. Elle avait déjà réduit de moitié ses bénéficiaires en Cisjordanie début septembre, de 400 000 à 200 000 personnes.
Le directeur de l’agence pour les territoires palestiniens, Shaun Hughes, a décrit des familles vivant dans des conditions humanitaires extrêmement difficiles et présenté ces arbitrages comme nécessaires pour faire durer les ressources disponibles. Il a appelé la communauté internationale à ne pas détourner le regard.
La situation alimentaire du territoire avait connu deux inflexions successives. Le cadre international de classification avait déclaré l’état de famine à Gaza en août 2025, qualification rejetée par Israël. Le cessez-le-feu d’octobre ayant permis l’entrée d’un volume d’aide plus important, les Nations unies avaient indiqué en fin d’année que le territoire n’était plus en situation de famine.
LNT