L’ancien président de la Mutuelle générale du personnel des administrations publiques, Abdelmoula Abdelmoumni, a comparu lundi devant la première chambre chargée des crimes financiers près la cour d’appel de Rabat. L’audience, consacrée à son interrogatoire et à celui de ses coaccusés, a duré plusieurs heures avant d’être reportée à la semaine suivante, lorsque la défense doit commencer sa plaidoirie.
L’intéressé est poursuivi en détention préventive pour détournement de fonds, dilapidation de deniers publics et faux et falsification de documents sous seing privé. Les faits examinés couvrent sa présidence, de 2010 à 2019.
La cour a entendu des témoins, qui ont évoqué des dysfonctionnements survenus durant la période de gestion provisoire de l’organisme, juste avant les élections ayant porté un nouveau président à sa tête.
Les montants en cause sont estimés à plusieurs dizaines de millions de dirhams de crédits alloués. Une transaction désignée sous le nom de Chamel serait à l’origine de la dilapidation de plusieurs dizaines de millions de dirhams. Les marchés mis en cause portent notamment sur des travaux de restauration et de réparation de bâtiments, de sièges et de filiales nationales de la mutuelle.
L’accusé justifie les irrégularités relevées par la nécessité de travaux de rénovation, après la réception selon lui de bâtiments et d’installations en état de dégradation avancée.
L’enquête avait été ouverte à la suite d’une plainte de l’actuel président du conseil d’administration de l’organisme. L’intéressé avait été présenté devant cette même chambre en janvier 2025, après l’achèvement de l’enquête et des confrontations.
La mutuelle couvre plusieurs centaines de milliers de fonctionnaires et d’ayants droit, ce qui confère au dossier une portée dépassant le seul cadre judiciaire.
L’accusé et ses coaccusés bénéficient de la présomption d’innocence jusqu’à une décision définitive.