L’Organisation météorologique mondiale a indiqué, dans sa mise à jour climatique du 8 octobre, que l’épisode El Niño en cours continuerait de s’intensifier jusqu’à son pic attendu en décembre, les températures de surface de la mer dans le Pacifique tropical central et oriental pouvant atteindre des niveaux records. Le phénomène devrait persister jusqu’en février 2027.
Le Centre commun de recherche de la Commission européenne, dans une analyse du 7 octobre, signale une dégradation des cultures et des pâturages en Afrique de l’Est entre juin et septembre, des cultures touchées en Amérique centrale avec une menace sur le cycle suivant, et un déficit pluviométrique exceptionnel en Afrique australe pendant la saison des semis 2026-2027, d’une ampleur présentée comme inédite depuis 1950.
Le Programme alimentaire mondial, dans une analyse du 5 août, évalue à au moins 49 millions le nombre de personnes supplémentaires qui basculeraient en insécurité alimentaire aiguë d’ici à la fin de 2027, dans quarante-cinq pays. Plus de 18 millions seraient concernées en Afrique orientale et australe, 8,2 millions en Asie-Pacifique et près de 6 millions en Afrique de l’Ouest et centrale. Un appel conjoint lancé en juin avec l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture vise à protéger près de neuf millions de personnes dans vingt-deux pays, par la distribution de semences résistantes, la protection du bétail, la collecte et le stockage de l’eau et le renforcement des systèmes d’alerte précoce.
Les effets sur les prix mondiaux ne sont pas chiffrés par ces travaux, qui évoquent une tension possible des marchés et une hausse des prix des denrées, pénalisant d’abord les ménages modestes.
Pour le Royaume, dont la loi de finances est construite sur une hypothèse prudente de récolte céréalière de 70 millions de quintaux et qui importe une part croissante de ses besoins, notamment en maïs et en tourteaux, l’exposition est double. Elle tient à la pluviométrie locale, dont la relation avec ce phénomène reste indirecte en Afrique du Nord, et surtout au niveau des cours mondiaux des céréales et des aliments du bétail, qui conditionnent la charge de compensation de la farine de blé tendre et le coût de reconstitution du cheptel.
LNT