Le pétrole continue de grimper à cause de la guerre au Moyen-Orient
Les cours du pétrole continuent de s’envoler mardi, le marché estimant que la guerre pourrait durer plus longtemps qu’initialement anticipé, avec le détroit d’Ormuz impraticable et des infrastructures énergétiques impactées.
Vers 09H45 GMT (10H45 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en mai, prenait 5,25% à 81,82 dollars.
Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison au mois d’avril gagnait 5,38% à 75,06 dollars.
« Alors que le marché anticipait peut-être hier une guerre de courte durée, les acteurs commencent désormais à prendre conscience que le risque d’une escalade est très élevé », explique Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management.
Le président Donald Trump a averti lundi que la guerre contre l’Iran pourrait durer un mois ou plus.
Or, le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20% du pétrole mondial en temps normal, est devenu impraticable pour les compagnies maritimes.
Un responsable iranien a menacé lundi de « brûler tout navire » tentant de franchir ce passage stratégique.
Environ « 8 à 10 millions de barils par jour » ne pourraient pas trouver d’acheminements alternatifs à ce passage, explique Jorge Leon, analyste chez Rystad Energy.
Les prix élevés du pétrole seraient « le talon d’Achille du (président américain Donald) Trump », selon Michelle Brouhard, analyste chez Kpler, qui a promis à plusieurs reprises de faire baisser les prix, et qui fera face aux élections de mi-mandat en novembre.
Et si les réserves stratégiques des pays importateurs de pétrole permettent de combler temporairement le manque de livraison, une fermeture prolongée serait beaucoup plus difficile à gérer.
Dans l’immédiat cependant, « un risque plus important pour le marché serait que l’Iran vise d’autres infrastructures énergétiques dans la région. Cela pourrait entraîner des interruptions plus longues » de production, expliquent les analystes d’ING.
Lundi, une des plus grandes raffineries d’Arabie saoudite, celle de Ras Tanura, exploitée par la compagnie pétrolière nationale Saudi Aramco, a dû interrompre certaines opérations après une attaque qui a provoqué un incendie.
Un terminal pétrolier d’Abou Dhabi a aussi été attaqué par un drone.
Par ailleurs, les prix du gaz européen bondissent à nouveau mardi, après avoir déjà connu une hausse spectaculaire la veille.
La suspension de la production par la compagnie énergétique publique qatarie QatarEnergy rend le marché particulièrement tendu alors que cette monarchie du Golfe est la première exportatrice de gaz naturel liquéfié de la région.
LNT avec Afp
