Les cours du pétrole chutent mardi, avec le WTI, baril américain de référence, passant même sous les 80 dollars, avec l’accalmie des hostilités au Moyen-Orient qui se poursuit et Donald Trump qui a jugé lundi que les discussions avec Téhéran avaient « de bonnes chances » d’aboutir.
« En ce moment, ils nous parlent de conclure un accord », a déclaré le président américain sans fournir davantage de détail.
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, avait affirmé plus tôt lundi que Téhéran n’était à « l’heure actuelle » engagé « dans aucune négociation avec les Etats-Unis ».
Mais le marché semble optimiste sur la reprise des discussions, et vers 09H30 GMT (11H30 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en septembre perdait 3,07% à 85,65 dollars.
Le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en septembre, cédait 2,58% à 80,48 dollars, après avoir brièvement chuté à 79,80 dollars dans la séance.
La reprise des flux de pétrole en provenance de la mer Noire exercerait également une certaine pression à la baisse sur le marché.
« Les chargements de pétrole reprennent à la fois via l’oléoduc entre la mer Caspienne et la mer Noire (le CPC) et au terminal de Sheskharis en Russie », expliquent les analystes d’ING, alors que ces derniers étaient interrompus en raison « d’attaques répétées de drones ukrainiens contre les infrastructures énergétiques russes ». De mauvaises conditions météorologiques en mer Noire auraient également joué un rôle, selon eux.
Mais « pour que ce mouvement à la baisse se maintienne, il faudra observer un redressement des flux » de pétrole traversant le détroit d’Ormuz, précisent les analystes d’ING.
Ce passage maritime stratégique demeure l’un des principaux points de tension entre Téhéran et Washington, et le trafic y « a chuté jusqu’à des niveaux observés au début du conflit » quand le détroit était quasiment paralysé, selon la société de données maritime Lloyd’s List Intelligence.
Contre la volonté des Etats-Unis, l’Iran insiste pour conserver le contrôle du détroit et veut en faire payer le passage, tout en maintenant Oman associé à cette gestion en tant que deuxième État riverain.
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi s’est entretenu séparément au téléphone avec ses homologues omanais Badr al-Busaidi et saoudien Fayçal ben Farhane au sujet du détroit d’Ormuz, a d’ailleurs rapporté mardi la télévision d’État.
LNT avec Afp