Le PAM cherche son candidat à la primature

Par LNT
PAM

Cinq jours après le scrutin, le parti arrivé en tête n’a toujours pas désigné la personnalité qu’il proposera à la tête du gouvernement, et les divergences internes se doublent de négociations avec les partenaires pressentis.

Plusieurs noms circulent dans le débat public sans qu’aucun n’ait fait l’objet d’une décision officielle : le ministre délégué chargé du Budget Fouzi Lekjaa, le ministre de la Justice Abdellatif Ouahbi, et la coordinatrice de la direction collégiale Fatima Ezzahra El Mansouri, dont la désignation constituerait une première pour une femme au Maroc. Aucune annonce n’a été faite par les canaux institutionnels, et les informations faisant état d’une nomination déjà arrêtée n’ont été confirmées ni par le cabinet royal ni par l’agence officielle.

La procédure est fixée par l’article 47 de la Constitution : le Roi nomme le chef du gouvernement au sein du parti arrivé en tête des élections de la Chambre des représentants, puis, sur proposition de celui-ci, les membres du gouvernement. La Loi fondamentale ne précise pas quelle personnalité du parti vainqueur doit être retenue, ce qui laisse la décision entière au Souverain et explique l’attentisme des formations.

La direction collégiale du parti, formule adoptée après le congrès, complique l’identification d’un candidat naturel. Des divergences sont apparues sur la stratégie à suivre et sur le profil à mettre en avant, une partie des cadres s’interrogeant notamment sur l’absence de certains dirigeants au siège du parti au moment de l’annonce des résultats.

Les discussions de coalition, elles, n’ont pas formellement débuté, faute de chef de gouvernement désigné. Le Rassemblement national des indépendants, avec 66 sièges, et le Parti de l’Istiqlal, avec 65, se positionnent pour reconduire leur participation et négocient les portefeuilles de souveraineté et les grands ministères économiques. L’Union constitutionnelle et le Mouvement démocratique et social évoquent la constitution d’un bloc parlementaire commun pour peser davantage dans les tractations.

L’arithmétique reste contraignante. Avec 97 sièges sur 395, le parti vainqueur doit réunir 198 voix pour l’investiture, ce qui impose au moins deux partenaires. Le Parti de la justice et du développement et l’alliance de la gauche ont choisi l’opposition, réduisant d’autant le vivier disponible.

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