Politique

Le PAM, BOUM !

le 4 juillet 2019


Le Parti Authenticité et Modernité, PAM pour les intimes, est en phase d’implosion accélérée. Il étale, toute honte bue, ses divergences, ses crises et ses querelles intestines devant l’opinion publique, et personne ne doute plus de sa prochaine disparition, sinon définitive, du moins en tant que principale force de l’opposition parlementaire.

Comment, en effet, une force politique minée par de tels affrontements fratricides pourrait jouer le rôle actif et déterminant que l’on serait en droit d’attendre d’elle alors que ses seules manifestations et actions sont dédiées à l’autodestruction sur la place publique ?

La crise qui le mine n’est sans doute pas récente et puise ses fondements dans la formation même de cette organisation partisane lorsque la principale personnalité à l’origine de son émergence avait quitté le devant de la scène pour se consacrer à des obligations autrement importantes mais contenues par un devoir de réserve bien compréhensible. Lui succédèrent ensuite diverses personnalités, sans charisme, qui pouvaient certes être de fidèles lieutenants, mais non des capitaines…

Les uns et les autres

Porté par une déferlante teintée du sceau de l’ambition et de l’opportunisme, attractif parce que supposé être tout proche de « la lumière », le PAM était devenu, sur le papier du moins, la première force politique du camp des « modernistes », aux objectifs clairement établis, mettre à bas l’ennemi de toujours, le PJD, expression de l’islamisme politique qui, bien au contraire, s’appuya sur cette détermination hostile pour glaner encore plus en popularité et représentations électives !

Aujourd’hui donc, alors que les échéances électorales pointent à l’horizon, la situation du PAM interpelle, non seulement ses géniteurs, mais également tous ceux qui se préoccupent de la qualité et de l’attractivité des forces politiques qui brigueront les suffrages des électeurs.

Car, s’il s’agit de réfléchir aux stratégies à mettre en place, aux alliances éventuelles à conclure, mais surtout aux actions de mobilisation des « militants » en vue de préparer les prochaines campagnes, on imagine mal ce qui pourrait d’ici là mettre le Parti Authenticité et Modernité en situation de combat et de conquête des voix.

Il est vrai, certes, que le Tracteur a toujours profité de sillons bien tracés pour lui, de la compréhension des hautes sphères et de l’image de parti « béni et protégé » qui lui colle à la peau depuis qu’il fut porté sur les fonts baptismaux.

Mais, tout a une fin et celle des amis de M. Benchemach, comme celle des opposants emmenés par M. Akhchichen, pourrait être proche, à moins que n’émerge des rangs de cette formation un « sauveur », unificateur et accepté de tous, ce qui, à proprement parler, relèverait du miracle !

Et d’ailleurs, à observer les gesticulations des deux camps, les excommunications réciproques, on en vient à penser que « la couverture » qui protégeait pudiquement cette formation, a été retirée, permettant les débordements auxquels nous assistons tous.

Certains, bien évidemment, s’en frottent les mains onctueusement, parce que l’onctuosité fait partie de leur ADN idéologique, car ils pensent qu’ainsi, la voie de leur domination sur la scène politique est encore toute tracée pour un « troisième tour » gouvernemental…

Les autres, attentifs à cette descente aux enfers, espèrent en tirer quelques bienfaits, sans mesurer qu’ils n’ont pas encore les armes, les moyens et les hommes pour battre en brèche le leadership des « frérots » à la pilosité portée comme un étendard.

 

SOS !

En tout état de cause et quel que soit l’avenir du PAM et de ses hommes, il est d’ores et déjà patent que son image a fortement été affectée aux yeux de l’opinion publique et l’on voit mal les électeurs se pâmer d’envie pour le Tracteur et ses chauffeurs si maladroits…

Restent donc, en l’état actuel des choses, les hypothèses, pour ce que peuvent valoir des idées logiques quand la logique ne commande plus les comportements politiciens !

Certains pensent qu’« on » pourra colmater les brèches et éviter que le bateau ne coule, mais aujourd’hui, pour rester dans la terminologie navale, le PAM ressemble plus au Radeau de la Méduse qu’à un imposant vaisseau amiral. D’autres croient qu’il se sabordera tôt au tard, à la veille de la fin de l’actuelle législature et ses troupes, mais surtout ses élus, iront à la pêche aux étiquettes, pour gagner des bords plus sûrs et accueillants, afin de rester à flot, et dans le camp des « décideurs ».

Mais, in fine, tous pensent que nager en eaux troubles ne convient pas vraiment aux gros poissons et qu’il faudra, tôt ou tard, sortir de la nasse. Alors, pour en terminer avec cette terminologie maritime, navale et halieutique, quel sera le requin qui avalera ce banc de sardines éplorées ? L’Histoire le dira bientôt, mais avec l’expérience ratée du parti Authenticité et Modernité, la leçon est définitivement donnée. Elle enseigne qu’en politique, le phénomène de génération spontanée ne marche jamais. Ite missa est !

Fahd YATA