Parti le 21 septembre d’un lycée de Créteil, le mouvement de blocages s’est étendu à l’ensemble du pays, avec 410 actions recensées dans les établissements le 29 septembre et des cours suspendus en tout ou partie dans plusieurs centaines de lycées.
Les revendications portent sur les conditions matérielles de scolarisation : postes d’enseignants non pourvus et absences non remplacées, effectifs de classe et emplois du temps, état des bâtiments, manque d’infirmières scolaires, d’assistantes sociales et d’assistants d’éducation. Le fonctionnement de la plateforme d’orientation Parcoursup fait également l’objet de critiques.
L’ampleur de la réponse policière constitue le second volet du dossier. Plus de 5 000 personnes ont été interpellées entre le 21 septembre et le 2 octobre selon les chiffres du ministère de l’Intérieur, le rythme quotidien passant de 164 le 28 septembre à 1 948 le 1er octobre. Amnesty International France, qui avance que 85% des interpellés sont mineurs, a recensé plusieurs blessures graves : un adolescent de quinze ans ayant perdu une main à Lens le 5 octobre après l’explosion d’une grenade de désencerclement, un garçon de quatorze ans atteint au visage par un tir de lanceur de gaz lacrymogène dans le Val-d’Oise le 28 septembre, un jeune de seize ans ayant perdu l’usage d’un œil à Tours le 30 septembre à la suite d’un tir de lanceur de balles de défense. Une enquête de l’inspection générale de la police nationale a été ouverte sur le cas de Lens.
L’organisation, qui reconnaît que des violences ont été commises par des manifestants, demande la suspension de l’usage des grenades de désencerclement et des lanceurs de balles de défense en manifestation, ainsi que l’ouverture d’un dialogue avec les lycéens.
Ces chiffres émanent d’une organisation non gouvernementale et du ministère de l’Intérieur, et n’ont pas fait l’objet d’un bilan judiciaire consolidé.
LNT