Le Maroc du Mondial : Des infrastructures pensées au-delà de 2030

Par AL
spécial p26

À l’approche de la Coupe du monde 2030, le Maroc accélère la modernisation de ses infrastructures.

Des lignes ferroviaires aux aéroports, en passant par les routes, les stades et les équipements touristiques, les projets se multiplient à travers le pays.

Si ces investissements répondent aux exigences liées à l’organisation du Mondial, ils s’inscrivent aussi dans une ambition plus large : améliorer la connectivité du territoire, renforcer son attractivité et soutenir son développement économique.

Ce programme touche plusieurs secteurs stratégiques, de la mobilité aux équipements sportifs, en passant par le tourisme.

Selon la ministre du Tourisme, Fatim-Zahra Ammor, plus de 190 milliards de dirhams seront mobilisés dans le cadre des préparatifs du Mondial 2030.

L’objectif affiché est de faire de la Coupe du monde un levier de transformation durable, au-delà de l’événement lui-même.

Le ferroviaire constitue l’un des piliers de cette stratégie.

Le prolongement de la ligne à grande vitesse Al Boraq entre Kénitra et Marrakech représente aujourd’hui le chantier majeur de l’Office national des chemins de fer (ONCF).

D’une longueur d’environ 430 kilomètres, le projet nécessite un investissement de 53 milliards de dirhams et s’intègre dans un programme ferroviaire global estimé à 96 milliards de dirhams, qui comprend également l’acquisition de nouveaux trains et le développement de réseaux express régionaux (RER).

Au-delà du gain de temps pour les voyageurs, cette nouvelle liaison doit renforcer les connexions entre plusieurs pôles économiques et touristiques du Royaume.

Elle permettra notamment de relier les principales villes appelées à accueillir des matchs du Mondial, tout en assurant une meilleure desserte de l’aéroport Mohammed V et du futur Grand Stade Hassan II de Benslimane.

Le calendrier reste toutefois un enjeu majeur, la mise en service étant prévue avant le coup d’envoi de la compétition.

En parallèle, le développement de réseaux express régionaux (RER) autour de Casablanca, Rabat et Marrakech vise à améliorer les déplacements quotidiens des habitants, dans l’objectif de faire de ces investissements un héritage durable bien au-delà de la compétition.

Le transport aérien fait également l’objet d’un vaste programme de transformation.

À travers sa stratégie « Aéroports 2030 », l’Office national des aéroports (ONDA) prévoit de porter la capacité aéroportuaire nationale de 38 à 80 millions de passagers par an, afin d’accompagner la croissance du trafic et les ambitions touristiques du pays.

Le projet le plus important concerne l’aéroport Mohammed V de Casablanca.

Un nouveau terminal, intégré au futur dispositif ferroviaire à grande vitesse, doit permettre d’augmenter considérablement ses capacités et de renforcer son rôle de plateforme internationale entre l’Europe, l’Afrique et les Amériques.

D’autres aéroports, notamment ceux de Marrakech, Agadir, Tanger, Fès et Rabat-Salé, font également l’objet de programmes d’extension.

En juillet 2025, le gouvernement et l’ONDA ont signé un protocole d’investissement de 38 milliards de dirhams pour accompagner cette montée en puissance du réseau aéroportuaire.

Les stades, entre vitrine internationale et héritage

Les infrastructures sportives concentrent une grande partie de l’attention.

Le futur Grand Stade Hassan II de Benslimane, annoncé avec une capacité de 115 000 places, constitue le projet phare de la candidature marocaine et figure parmi les enceintes susceptibles d’accueillir les grandes affiches de la compétition.

Parallèlement, plusieurs stades existants ont fait l’objet de rénovations ou d’extensions à Rabat, Tanger, Marrakech, Fès, Agadir et Casablanca.

Certaines de ces enceintes ont déjà accueilli des compétitions internationales, notamment lors de la Coupe d’Afrique des nations, offrant un premier test avant le rendez-vous mondial.

Cependant, la question de leur utilisation après 2030 reste centrale.

L’expérience de précédents pays organisateurs montre que la pérennité de ces équipements dépendra de leur capacité à accueillir régulièrement des événements sportifs, culturels ou économiques, afin d’éviter qu’ils ne deviennent des infrastructures sous-exploitées après la compétition.

L’héritage du Mondial ne se jouera pas uniquement dans les grands ouvrages.

La capacité du Maroc à accueillir les visiteurs reposera aussi sur la qualité des services proposés.

Le secteur touristique doit ainsi accompagner la hausse attendue de la fréquentation à travers le développement de nouvelles capacités d’hébergement et le renforcement des compétences.

Le Royaume prévoit la création de 60 000 lits supplémentaires d’ici 2030, après avoir déjà augmenté son offre de 45 000 lits au cours des quatre dernières années.

L’objectif est d’atteindre une capacité nationale dépassant les 300 000 lits et d’accueillir jusqu’à 26 millions de touristes par an à l’horizon 2030, contre près de 20 millions en 2025.

En plus des infrastructures hôtelières, les pouvoirs publics mettent l’accent sur la formation aux métiers de l’accueil, l’amélioration de la mobilité, le développement des liaisons aériennes et la qualité de l’expérience proposée aux visiteurs.

Des investissements moins visibles que les grands chantiers, mais qui seront déterminants pour transformer l’événement sportif en bénéfices durables pour le territoire.

Asmaa Loudni

Les articles Premium et les archives LNT en accès illimité
 et sans publicité