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Le Maroc préside la Conférence du Désarmement à Genève

Politique

Le Maroc préside la Conférence du Désarmement à Genève

Par LNT
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Le Maroc assume, jusqu’au 13 mars 2026, la présidence de la Conférence du Désarmement (CD) à Genève, unique organe multilatéral des Nations Unies chargé de la négociation des traités relatifs au désarmement. Elle est assurée par l’ambassadeur représentant permanent du Royaume auprès de l’ONU à Genève, Omar Zniber.

Cette responsabilité intervient dans un contexte international marqué par une montée des tensions géopolitiques, une fragilisation des mécanismes de confiance entre États et une modernisation continue des arsenaux militaires. La Conférence du Désarmement, confrontée depuis plusieurs années à des blocages, se trouve ainsi face à des défis majeurs pour retrouver une dynamique de négociation effective.

À l’ouverture de la première séance plénière sous présidence marocaine, Omar Zniber a réaffirmé « l’attachement indéfectible du Maroc au multilatéralisme », soulignant que celui-ci demeure un cadre essentiel pour traiter les enjeux de sécurité internationale. Il a estimé que « la flexibilité, l’engagement constructif et une volonté politique sincère » constituent des conditions indispensables pour permettre à la Conférence de s’acquitter pleinement de son mandat.

Le diplomate a insisté sur la nécessité de restaurer la capacité d’initiative de cette instance, rappelant qu’« une instance créée pour négocier ne peut durablement se limiter à débattre ». Il a mis en garde contre la dégradation de l’environnement stratégique, évoquant notamment la modernisation des arsenaux nucléaires et l’affaiblissement des mécanismes de maîtrise des armements.

Selon lui, « le risque nucléaire, que nous pensions contenu, réapparaît comme une réalité stratégique », ce qui impose de maintenir le désarmement nucléaire au rang de priorité. « Tant que des armes nucléaires existent, le risque de leur emploi subsiste. Leur élimination totale, irréversible et vérifiable demeure l’unique garantie contre cette menace existentielle », a-t-il déclaré.

Au-delà de la question nucléaire, la présidence marocaine entend également encourager les discussions sur d’autres dossiers en suspens, tels que les garanties négatives de sécurité en faveur des États non dotés d’armes nucléaires ou la prévention d’une course aux armements dans l’espace. Les évolutions technologiques, notamment en matière d’intelligence artificielle et de systèmes autonomes, constituent également des enjeux émergents appelant une réflexion collective.

La présidence marocaine sera marquée par la tenue d’un segment ministériel de haut niveau, du 23 au 25 février à Genève, réunissant une quarantaine de personnalités, dont plusieurs ministres des Affaires étrangères et le Secrétaire général des Nations Unies. Cet événement vise à impulser un engagement politique renouvelé en faveur du désarmement.

LNT

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