Les ressources disponibles du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés sont passées de 5,2 milliards de dollars en 2024 à 3,9 milliards en 2025, et l’agence n’avait reçu fin juillet que 32% des 8,5 milliards jugés nécessaires pour 2026.
Environ 8,3 millions de personnes déplacées de force voient en conséquence leurs services de protection réduits ou supprimés. L’agence estime à 131,2 millions le nombre de réfugiés, de déplacés internes et d’apatrides ayant besoin d’assistance d’ici la fin de l’année.
Les conséquences sont documentées pays par pays. Au Tchad, 319 000 personnes subissent des retards d’enregistrement et jusqu’à 200 000 femmes et filles risquent de perdre l’accès aux espaces sécurisés. Au Soudan, 140 000 réfugiés demeuraient non enregistrés à la mi-2026 après cinq mois de suspension des opérations. En Éthiopie, les capacités d’hébergement des victimes de violences sexuelles ont reculé de plus de moitié en un an et la couverture des programmes de protection de l’enfance a chuté de près de 85% dans certaines régions. En Afghanistan, 175 ménages seulement ont bénéficié d’une aide à la réintégration au début de l’année, contre 5 300 en 2024.
L’agence résume l’enjeu en une formule : en dessous d’un certain seuil, le système ne se réduit pas, il s’effondre. L’enregistrement, la protection de l’enfance et les programmes d’intégration économique constituent les premiers postes affectés.
Ce recul intervient alors que les crises se multiplient, du Soudan au Yémen en passant par la Corne de l’Afrique, où la reprise des combats au Tigré a rouvert un front humanitaire que l’accord de Pretoria avait refermé.
LNT