Société

Le Covid-19, ce clandestin qui voyage si bien…

le 27 février 2020


“Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage”. Cette phrase, extraite de l’un des sonnets les plus célèbres, «Regrets» du poète français Joachim Du Bellay (1522-1560) pourrait très facilement s’appliquer au Covid-19, ce virus qui, parti de Chine au début de janvier dernier, «voyage» allègrement à dos d’homme (ou de femme), pour contaminer des dizaines de milliers d’individus en Asie même, en Europe, au Maghreb (en Algérie), au Proche et Moyen Orient (Égypte, Irak, Iran, etc.) jusqu’en Australie…

Et, au vu des personnes atteintes en plusieurs endroits du monde, l’avertissement de l’Organisation Mondiale de la Santé prend tout son sens puisque celle-ci ne craint plus d’évoquer la menace d’une pandémie, c’est-à-dire une épidémie au niveau mondial.

S’il faut prendre donc très au sérieux ce Covid-19 et s’attendre sans doute à son éventuelle arrivée sur notre territoire (à Dieu ne plaise pourtant), on remarquera que la dissémination internationale de ce virus affirme avec une force incontestable la pérennité du multilatéralisme !

Alors que la tentation du repli sur soi est forte aujourd’hui, que les États-Unis prônent et pratiquent un unilatéralisme forcené, que l’Union européenne se pose en forteresse assiégée, rien, ni personne ne peut empêcher la propagation de ce virus aux effets souvent mortels, générant la panique un peu partout, y compris au Maroc où, avant même l’apparition d’un seul cas, les pharmacies du pays sont en rupture de stocks sur les masques médicaux !

Cette «ballade» mondiale du coronavirus nous montre avec une éloquence mortifère que notre Terre n’est effectivement rien d’autre qu’un village planétaire. Et ce qui vaut pour les moyens modernes de communications, les flux commerciaux et les lois économiques le vaut encore plus pour les questions sanitaires !

La proche pandémie du Covid-19 démontre à l’envi que les maladies infectieuses se jouent des frontières, des mesures de confinement, voire même des précautions préventives puisqu’il suffit d’une seule personne infectée et non détectée pour semer la panique dans tout un pays, comme on a pu le constater pour le Nord de l’Italie.

A l’heure où les harragas prennent d’assaut des murs de barbelés, de Sebta et Melilla à la frontière serbo-hongroise, où des milliers de malheureux confient leurs vies à des embarcations de fortune, le Covid-19 est le plus bel exemple de h’rig réussi…

Une leçon à méditer par tous les populistes et xénophobes car le Covid-19 nous rend tous égaux devant cette maladie qui peut frapper n’importe qui, n’importe quand, n’importe où !

Fahd YATA