Le Pr Amal Bourquia

Société

Le corps médical a un rôle à jouer dans la protection de l’environnement

le 28 juin 2016


«Santé et environnement» est le thème de la conférence-débat organisé, mercredi 29 juin à Casablanca, par le collectif médical humanitaire et environnemental de la région Casablanca Settat.

Au moment où les sommets sur l’environnement se succèdent, le tableau de l’environnement s’assombrit de plus en plus. Les terres, les océans, l’air sont tous impactés par l’insalubrité de l’environnement, ce qui se traduit par des effets très nocif pour la santé des populations. Gaz à effet de serres, réchauffement climatique, élévation du niveau des océans, fonte accélérée des glaciers… sont autant d’indices, qui attestent de l’état d’urgence.

La santé publique est intrinsèque à la propreté de l’environnement. La pollution provoquerait ainsi 12,6 millions de décès par an. Les facteurs de risque environnementaux contribuent à la survenue de plus de 100 maladies 100 pathologies sont directement liées. Les accidents vasculaires cérébraux, les cardiopathies, les cancers et les affections respiratoires chroniques représentent aujourd’hui près des deux tiers des décès liés à des causes environnementales.

Partant de ce constat, le collectif médical humanitaire et environnemental de la région Casablanca Settat, dans un souci de sensibilisation et d’information lance une formation au profit des associations et des professionnels, en partenariat avec le pôle médical et humanitaire du centre d’animation du tissu associatif de la Fondation Mohamed V pour la solidarité. Première du genre au Maroc, cette initiative s’adresse à l’ensemble des acteurs dans le domaine la santé, et ambitionne de mettre l’accent sur «le rôle que doit jouer la société civile pour aider à relever les défis imposés par le changement climatique et leur traduction sur la santé des populations». Le détail du déroulement de cette formation ainsi que le plan d’action du collectif sera présenté, lors d’une rencontre-débat, le mercredi 29 juin, à Casablanca.

« Cette action qui s’inscrit aussi sur le chemin pris par le Maroc pour la COP 22 et implique pour la première fois les médecins et les professionnels de la Santé. Il nous est donc apparu nécessaire que les pays prennent des mesures afin que les populations vivent et travaillent dans un environnement sain, pour éviter la maladie de millions de personnes», a déclaré Pr Amale Bourquia, présidente de l’association Reins. «Les enfants et les personnes âgées sont les plus exposés aux risques environnementaux. Ce sont les pays à revenu faible qui supportaient, la plus forte charge de morbidité liée à l’environnement. Des investissements peuvent freiner considérablement l’augmentation de la charge de ces affections et un gain économique considérable», rappelle-t-on au collectif.

 En effet, nous sommes à un tournant de l’histoire de la planète, un revirement peut encore avoir lieu, si les bonnes mesures sont prises, pour opérer des changements dans l’intérêt des futures générations, même si le compte à rebours est pratiquement enclenché. L’espoir reste permis, les énergies renouvelables gagnent du terrain, on peut éviter la catastrophe climatique. Des initiatives du genre sont à saluer, mais c’est aussi au niveau des Etats que le déclic doit s’opérer. Il faudra durcir les lois et faire payer les polluants, en attendant d’éradiquer définitivement les industries polluantes. Cela voudrait dire que les Etats qui n’ont pas encore signé l’accord de Kyoto devraient s’atteler à le faire. Il faut faire faire pression sur les pouvoirs publics et d’inciter les Etats à s’inscrire, de manière urgente, dans un processus de protection de l’environnement. La transition climatique urge, il n’y a pas de plan B.

Leila Ouazry

POUR ALLER PLUS LOIN