Le budget 2027 laisse peu de marges au futur gouvernement

Par LNT
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Le projet de loi de finances que le nouvel exécutif devra exécuter a été préparé par l’équipe sortante, et la part des dépenses déjà engagées y réduit fortement l’espace disponible pour de nouvelles orientations.

Les engagements pluriannuels pèsent d’emblée. Les mesures issues du dialogue social représentent 49,7 milliards de dirhams par an, l’aide sociale directe 26,4 milliards, et le soutien au gaz butane, au sucre et à la farine 13,2 milliards. S’y ajoutent le service de la dette et les contrats en cours. Ces postes, difficilement réversibles à court terme sans coût politique, absorbent une fraction déterminante des recettes avant tout arbitrage nouveau.

Le cadrage macroéconomique retient une croissance de 4,1% pour 2027, un déficit ramené à 3% du produit intérieur brut et un endettement public stabilisé autour de 65%. Les prévisions disponibles s’écartent toutefois sensiblement les unes des autres, de 3% pour le Haut-Commissariat au plan à 4,5% pour le Fonds monétaire international, ce qui laisse une incertitude réelle sur le niveau effectif des recettes.

L’investissement public est programmé à environ 380 milliards de dirhams, dont 47% portés par les établissements et entreprises publics. Le rendement de cet effort dépendra moins du volume engagé que de la capacité d’exécution et de l’effet d’entraînement sur l’investissement privé, point sur lequel les rapports successifs de la Cour des comptes ont relevé des taux de réalisation inférieurs aux prévisions.

Les échéances sportives structurent une part significative de la programmation, avec les extensions ferroviaires, la mise à niveau aéroportuaire et les aménagements urbains associés à la Coupe du monde 2030.

Le texte devra être déposé au Parlement dans les semaines suivant l’investiture, contrainte de calendrier qui laisse au nouvel exécutif une fenêtre étroite pour y imprimer ses propres priorités.

LNT

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