L’Autorité nationale du renseignement financier examine une série de transactions portant sur des véhicules haut de gamme à Casablanca, Rabat et Tanger, dont certaines atteignent environ quatre millions de dirhams par véhicule.
Le critère retenu par l’autorité porte sur la cohérence entre les montants engagés et les revenus officiellement déclarés par les acquéreurs. Plusieurs achats de valeur élevée concentrés sur des périodes courtes ont attiré l’attention des analystes.
Quatre indicateurs ont été relevés : des écarts significatifs entre la capacité financière apparente des acheteurs et la valeur des véhicules, des reventes rapides, le financement d’achats par des tiers pour le compte d’autres personnes, et des liens avec des individus associés à des réseaux internationaux de trafic de stupéfiants.
Le véhicule de luxe constitue un support classique de blanchiment : il permet de convertir des liquidités en actif facilement transportable et revendable, tout en bénéficiant de circuits de transaction moins encadrés que l’immobilier ou les marchés financiers. Les professionnels du secteur figurent, à ce titre, parmi les personnes assujetties aux obligations de déclaration de soupçon.
Le nombre exact de dossiers, les concessionnaires concernés et les suites judiciaires éventuelles n’ont pas été rendus publics, l’autorité se limitant à indiquer que les investigations sont en cours.
Ce dossier s’ajoute aux procédures ouvertes ces derniers jours sur des virements internationaux sans justification économique apparente et sur des surfacturations dans l’import-export, séquence qui traduit l’activation du dispositif national de lutte contre le blanchiment.
LNT