Mme Laila Ouachi avec le champion du monde de Strapless, le Cap-verdien Mitos

Économie et Finance

Laila Ouachi, Présidente de l’Association Lagon Dakhla : Le patrimoine commun de tous les Marocains

le 31 juillet 2018


Laila Ouachi, présidente de l’Association Lagon Dakhla, Dakhla, le patrimoine commun de tous les Marocains Mme Laila Ouachi, fondatrice et Directeure générale de l’agence événementielle et de communication OL Consulting, mais également présidente de l’Association Lagon Dakhla, est parmi les toutes premières personnes à avoir mis son dynamisme, son expérience, ses réseaux et son professionnalisme au service de Dakhla et du Oued Eddahab.
Il ne fait aucun doute que la réputation actuelle de la lagune de Dakhla en tant spot parmi les plus prisés au monde pour les sports de glisse ne serait pas ce qu’elle est sans l’action inlassable de ces pionniers, tels Laila Ouachi, les frères Othman et Driss Senoussi et quelques autres, qui depuis plus de dix ans, s’activent pour ce résultat magnifique.
C’est ce qu’explique, entre autres, Mme Ouachi, dans l’entretien qu’elle a accordé à La Nouvelle Tribune

La Nouvelle Tribune :
OL Consulting, que vous dirigez, a une relation particulière avec Dakhla et le Oued Eddahab. Quels en sont les raisons, la genèse et le fondement ?

Mme Laila Ouachi :
DAKHLA et Oued Eddahab sont des régions très chères au cœur de tous les Marocains. Je les ai découverts, il y a une quinzaine d’années, et depuis je suis subjuguée, à chaque fois que j’y arrive, par la beauté unique de ses paysages, la douceur de son climat et cette alchimie toute particulière des eaux turquoises du Lagon Dakhla et du désert.
Une pure merveille et une multitude d’atouts dans différents secteurs (pêche, agriculture, tourisme, énergies renouvelables).
On ne peut évoquer Dakhla sans parler de la particularité géographique qui fait que dans la lagune de Dakhla, nous avons une température autour de 25°C tous les jours de l’année, un plan d’eau toujours impeccablement calme avec deux couloirs de vent constants de 20 à 35 nœuds et une faible profondeur sur les bords de la lagune et de ce fait, des conditions exceptionnelles pour pratiquer les sports de glisse.
Pour ma part, c’est grâce et à travers le Kitesurf que je me suis investie depuis maintenant 10 ans, dans la promotion de Dakhla, avec mon partenaire Driss Senoussi, fondateur de l’Hôtel Dakhla ATITUDE, à travers la création de «l’association Lagon Dakhla pour la promotion du sport et l’animation culturelle», et le développement d’un événement sportif international : le championnat mondial de kitesurf, pensé comme un moyen de positionner la ville sur la carte du monde et ainsi construire son image à travers cet événement sportif, avec une co-organisation entre l’association Lagon Dakhla & Dakhla Attitude et les fédérations internationales qui ont toutes trouvé que Dakhla était un spot exceptionnel pour le développement de ce sport.

Vous êtes à l’origine de plusieurs manifestations d’importance qui ont permis de mettre Dakhla au premier plan de l’actualité tant sportive, qu’événementielle, touristique, etc.
Pouvez-vous nous en dire plus ?

Oui, clairement. Il y a eu tout d’abord le championnat mondial de kitesurf, et qui porte aujourd’hui le nom de son Altesse Royale le Prince hériter Moulay El Hassan, et nous en sommes déjà à sa 9ème édition.
Cet événement a agi comme un catalyseur et un élément mobilisateur pour donner une impulsion touristique et économique à la région, en créant des collaborations inédites entre les acteurs locaux, professionnels du tourisme et sportifs et ainsi construire son image à travers cet événement sportif.
Nous y avons accueilli les champions du monde de la discipline qui sont venus de tous les continents. Ils sont devenus quelque part les ambassadeurs de Dakhla.
Cet engagement s’est confirmé auprès des instances internationales des sports de glisse, puisque nous avons aussi organisé en février dernier, les épreuves de qualifications aux Jeux Olympiques de la Jeunesse de Buenos Aires 2018, pour la discipline du kiteboarding pour la zone Afrique-Europe et pour la première fois, nous aurons un jeune Marocain qui défendra les couleurs du pays lors de ces jeux olympiques.
Nous avons aussi lancé un raid multisports solidaire féminin «Sahraouiya » qui est déjà à sa 5ème édition et qui s’inscrit dans une dimension de développement durable et éco-touristique de la région, mais aussi et surtout qui permet à plusieurs associations œuvrant en faveur des femmes en situation difficile de bénéficier d’une dotation financière et de réussir les projets qu’elles portent.
Tous ces événements portent principalement l’ambition de promouvoir la destination Dakhla et de consolider son attractivité à l’échelle mondiale, ainsi qu’à faire connaître les multiples atouts touristiques de la ville.
Nous communiquons beaucoup sur la ville à l’échelle nationale et internationale notamment sur les réseaux sociaux et cela a un impact positif sur la promotion de la destination Dakhla : ouverture d’hôtels, création d’animations…
La ville a également accueilli plus de touristes qui arrivent pour pratiquer le surf et le kitesurf. Nous avons l’espoir d’attirer encore plus d’investisseurs privés.

La baie de Dakhla et sa lagune sont des lieux de toute beauté et d’une singularité extraordinaire. La présence de l’homme, de ses activités, de ses projets, industriels ou halieutiques notamment, ne risque-t-elle pas d’en altérer l’écosystème ?
Toute activité humaine et économique est susceptible d’apporter des nuisances à l’écosystème. Il faut veiller à favoriser et encourager des activités durables, respectueuses des écosystèmes, du patrimoine naturel et des paysages et de la vulnérabilité de la baie de Dakhla.
Par ailleurs, la Vision 2020 souhaite faire de Dakhla le porte-drapeau du tourisme durable et écologique.
Dans ce sens, tout doit être fait pour reconnaitre l’importance stratégique de la préservation de la baie pour le développement d’un tourisme durable et créateur de richesses pour la collectivité.
Cela doit passer également par une organisation et une réglementation des activités, notamment dans les zones sensibles et à haute valeur écologique. Tous les acteurs sont conscients de cela et y travaillent. Il s’agit la d’un patrimoine commun de tous les Marocains.

Comment faire pour donner encore plus envie à nos concitoyens de visiter le Oued Eddahab, de séjourner à Dakhla ? La promotion et les dessertes aériennes ne sont-elles pas insuffisantes ?
Il y a encore quelques années, la clientèle de Dakhla était composée essentiellement de sportifs. Aujourd’hui, avec la multiplication des établissements touristiques, Dakhla s’ouvre à d’autres catégories de visiteurs et l’on assiste depuis peu à un véritable engouement tant des touristes marocains qu’étrangers pour la destination, mais la situation excentrée de Dakhla implique la nécessité d’avoir une véritable politique volontariste pour son désenclavement aérien. Je tiens à rappeler qu’il y a une dizaine d’année, il n’y avait qu’un vol hebdomadaire au départ de Casa vers Dakhla. Des efforts ont été certes faits. Nous assistons aujourd’hui à une multiplication par 4 des nombres de vols pour cette destination, il y a eu aussi le vol Transavia direct (Paris- Dakhla), qui sera reprogrammé début octobre et AIR ARABIA avec 7 vols par semaine dont 3 de Marrakech.
Dakhla est une destination de plus en plus prisée, je pense qu’il manque un peu d’animation pour rendre le produit plus attractif, et veiller à la sauvegarde de l’environnement.

Entretien réalisé par
F.Y

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