La dette américaine franchit les 40 000 milliards de dollars

Par LNT
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Le seuil a été dépassé le 18 août : 40 047 milliards de dollars. La dette fédérale américaine s’accroît désormais de 200 milliards par mois et a doublé en neuf ans. La charge d’intérêts atteindra 1 100 milliards de dollars cette année, deuxième poste budgétaire du pays derrière la Sécurité sociale.

Le chiffre a valeur de repère. Le 18 août 2026, la dette du Trésor américain a franchi pour la première fois la barre des 40 000 milliards de dollars, à 40 047 milliards précisément. Un seuil symbolique, mais dont la vitesse d’approche constitue l’information réelle.

Mille milliards en six mois

Le rythme d’accumulation s’est nettement accéléré. Entre mars et août 2026, la dette a progressé d’environ 200 milliards de dollars par mois, soit 1 000 milliards en six mois. Depuis janvier 2025, l’encours s’est alourdi de 3 800 milliards.

La perspective historique donne la mesure de la bascule. En janvier 2017, la dette fédérale s’établissait à 19 950 milliards de dollars : elle a donc doublé en neuf ans. Il avait fallu attendre 1981 pour que les États-Unis atteignent leur premier billion de dollars de dette.

La charge d’intérêts, deuxième poste du budget

C’est probablement la donnée la plus préoccupante. Le service de la dette atteindra 1 100 milliards de dollars en 2026, un record absolu, contre environ 300 milliards il y a cinq ans, soit un quasi-quadruplement en un lustre.

Ce montant place désormais la charge d’intérêts au deuxième rang des lignes budgétaires fédérales, derrière la seule Sécurité sociale, et devant la défense. Autrement dit, une part croissante des recettes fiscales américaines sert à payer le passé plutôt qu’à financer des politiques publiques.

Trois causes structurelles

Les analystes identifient trois moteurs principaux. Les réductions fiscales successives, en 2017 puis en 2025, ont amputé les recettes sans réduction correspondante des dépenses. Les plans de relance liés à la pandémie représentent environ un tiers de l’augmentation cumulée. Enfin, la montée en charge des programmes sociaux liés au vieillissement démographique alimente une dynamique de dépense difficilement compressible.

Le One Big Beautiful Bill Act pourrait par ailleurs ajouter 4 700 milliards de dollars supplémentaires à la trajectoire. Les projections situent le franchissement des 50 000 milliards à l’horizon 2032.

Une facture qui se paie aussi à l’extérieur

L’affaire n’est pas seulement américaine. Le volume d’émissions du Trésor pèse sur les taux longs mondiaux, avec des répercussions directes sur le coût du crédit en Europe, y compris sur les taux hypothécaires. Il alimente aussi un canal d’inflation importée.

Pour les économies émergentes et les pays en développement, dont le Maroc, la mécanique est indirecte mais réelle : plus le Trésor américain absorbe d’épargne mondiale à des rendements élevés, plus le coût de financement des autres emprunteurs souverains s’ajuste à la hausse. Une variable à intégrer alors que le Royaume prépare un budget 2027 visant un déficit ramené à 3% du PIB et une dette publique contenue à 65%.

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