Le Royaume et la Banque africaine de développement ont signé le 17 septembre à Rabat deux accords de financement totalisant 405 millions d’euros, soit environ 4,4 milliards de dirhams, répartis entre l’extension de la ligne à grande vitesse et un programme de développement des compétences.
Le premier accord, doté de 205 millions d’euros, porte sur le soutien au développement des infrastructures ferroviaires. Il concerne le prolongement de la ligne à grande vitesse de Kénitra à Marrakech ainsi que le renforcement des installations existantes, avec pour objectifs affichés l’augmentation de la capacité d’exploitation, la mobilité durable, la connectivité territoriale et la compétitivité logistique.
Le second, de 200 millions d’euros, finance le programme « Cap Compétences 2030 » selon une logique de décaissement adossé aux résultats. Il vise la qualité et la diversification de la formation professionnelle, le déploiement de services numériques, le développement de l’apprentissage à grande échelle et les mécanismes d’insertion sur le marché du travail, avec une attention particulière portée aux jeunes et aux femmes.
Les accords ont été signés par le représentant de la Banque pour le Royaume, Achraf Hassan Tarsim, le ministre de l’Inclusion économique, de la Petite entreprise, de l’Emploi et des Compétences, Younes Sekkouri, le ministre délégué chargé du Budget, Fouzi Lekjaa, et le directeur général de l’Office national des chemins de fer, Mohamed Rabie Khlie.
Le financement conjoint de ces deux volets n’est pas fortuit. Le chantier ferroviaire mobilise des compétences techniques que le système de formation doit produire, et l’articulation entre commande publique d’infrastructure et qualification de la main-d’œuvre constitue l’une des conditions du contenu local, c’est-à-dire de la part de la valeur qui reste dans le pays. Le taux de chômage s’établissait à 10,8% au début de 2026 et atteignait 29,2% chez les jeunes.
L’institution panafricaine a engagé plus de 15 milliards d’euros dans le Royaume depuis 1978, sur plus de 150 projets couvrant le développement humain, l’eau, l’agriculture, l’énergie et les infrastructures de transport. Elle figure parmi les principaux bailleurs multilatéraux du pays, aux côtés de la Banque mondiale et de la Banque européenne d’investissement.
L’opération intervient alors que le cadrage budgétaire préparatoire de la loi de finances 2027 place la consolidation des infrastructures et l’extension de la ligne à grande vitesse parmi ses quatre axes prioritaires.
LNT