L’Association des barreaux du Maroc a décidé dimanche de maintenir la suspension complète des services professionnels jusqu’au 9 octobre, date d’ouverture de la première année législative de la législature 2027-2031. Le mouvement, engagé à la mi-juin, se prolonge ainsi d’environ trois semaines supplémentaires.
La décision a été prise au terme de délibérations prolongées du bureau exécutif. Le bâtonnier de Casablanca, Mohamed Hissi, a confirmé la position de l’instance en indiquant qu’un communiqué formel suivrait. Une précédente reconduction avait été décidée le 10 septembre.
Le conflit porte sur la loi 66.23 relative à l’exercice de la profession d’avocat, publiée au Bulletin officiel. Les avocats contestent plusieurs de ses dispositions, dont ils estiment qu’elles portent atteinte à l’indépendance de la profession et à ses mécanismes d’autorégulation. Le texte ayant été promulgué, la revendication ne porte plus sur son adoption mais sur sa modification, ce qui explique le calage du calendrier de la grève sur celui du Parlement.
Le choix de la date du 9 octobre est en effet stratégique. Il fait coïncider la fin annoncée du mouvement avec l’installation de la nouvelle Chambre des représentants, issue du scrutin du 23 septembre, et avec la formation du prochain gouvernement. Les avocats misent ainsi sur une renégociation avec un exécutif reconstitué plutôt qu’avec un ministère en fin de mandat.
Le coût de ce blocage est supporté par les justiciables. La suspension des services professionnels paralyse les procédures dans lesquelles la représentation est obligatoire, allonge les délais d’audiencement et repousse l’examen d’affaires civiles, commerciales et familiales. Elle affecte aussi la détention provisoire, dont les demandes de mise en liberté supposent l’intervention d’un conseil.
Près de quatre mois après son déclenchement, le mouvement figure parmi les plus longs qu’ait connus la profession.
LNT
