« J’ai envoyé plus de 100 CV. »
« On me demande de l’expérience pour un premier emploi. »
« On me propose un stage… non rémunéré. »
Si ces phrases te semblent familières…
C’est parce qu’elles racontent la réalité de milliers de jeunes Marocains.
Selon la dernière enquête du Haut-Commissariat au Plan (HCP), le taux de chômage des 15 à 24 ans atteint désormais 29,2 %.
Autrement dit…
Près d’un jeune actif sur trois est aujourd’hui sans emploi.
Et ce chiffre ne raconte qu’une partie de l’histoire.
Le HCP révèle également un autre indicateur, moins connu mais encore plus inquiétant : la sous-utilisation de la main-d’œuvre.
Concrètement, cela regroupe les personnes au chômage, celles qui travaillent moins qu’elles ne le souhaitent ou celles qui ont renoncé à chercher un emploi faute de perspectives.
Chez les 15-24 ans…
Ce taux grimpe à 45,3 %.
Cela signifie que près d’un jeune sur deux n’utilise pas pleinement son potentiel sur le marché du travail.
Le paradoxe est frappant.
Chaque année, des milliers de jeunes obtiennent leur licence, leur master ou leur diplôme d’ingénieur avec l’espoir de décrocher un emploi rapidement.
Mais une fois les études terminées…
La réalité les rattrape.
Des mois de recherche.
Des dizaines, parfois des centaines de candidatures.
Des entretiens qui n’aboutissent jamais.
Ou des offres qui demandent trois ans d’expérience… pour un poste junior.
Résultat…
Beaucoup finissent par accepter un emploi qui n’a rien à voir avec leur formation.
D’autres enchaînent les stages.
Certains décident même de créer leur propre activité ou de partir à l’étranger pour trouver les opportunités qu’ils ne trouvent pas au Maroc.
Pourtant…
Le problème ne vient pas uniquement du nombre d’emplois disponibles.
Les entreprises expliquent souvent qu’elles peinent à recruter certains profils.
De leur côté, les jeunes estiment que les salaires proposés sont trop faibles, que les offres exigent une expérience impossible à acquérir ou que les compétences recherchées ne correspondent pas toujours aux formations suivies.
Il existe donc un véritable décalage entre le monde de l’éducation et celui du travail.
Et pendant que ce fossé continue de se creuser…
C’est toute une génération qui attend de pouvoir construire sa vie.
Trouver un emploi.
Prendre son indépendance.
Fonder une famille.
Ou simplement vivre de son métier.
Parce qu’au-delà des statistiques…
Chaque pourcentage représente une personne, un diplôme, un rêve et parfois plusieurs années d’efforts.
La vraie question est…
Le vrai problème au Maroc, est-ce le manque d’emplois… ou un système qui ne prépare pas suffisamment les jeunes aux besoins réels du marché du travail ? 🇲🇦🎓
