La présidente du Conseil italien Giorgia Meloni a annoncé le 20 septembre un projet interdisant le port de la burqa et du niqab dans les établissements scolaires et limitant la proportion d’élèves étrangers par classe. Elle a affirmé que « quiconque vient en Italie et veut y construire son avenir doit apprendre notre langue » et respecter la culture du pays.
Le texte n’est pas encore adopté. Il doit être approuvé par le gouvernement puis voté par le Parlement dans un délai de soixante jours pour entrer en vigueur.
La portée effective de la mesure sur les effectifs scolaires demeure incertaine. Un plafond de 30% d’élèves étrangers par classe existe déjà dans la réglementation italienne, et l’annonce n’a pas précisé en quoi le nouveau dispositif s’en distinguerait. Les élèves étrangers représentent environ 12% des effectifs scolaires du pays. Le projet prévoit également des cours d’italien obligatoires pour les parents d’élèves étrangers rencontrant des difficultés d’intégration.
Le calendrier politique éclaire l’annonce. Mme Meloni dirige le gouvernement italien le plus durable depuis la Seconde Guerre mondiale mais subit la pression d’une formation située plus à droite, qui progresse dans les enquêtes d’opinion. L’immigration devrait dominer la campagne des élections générales de 2027.
La communauté marocaine constitue l’une des principales communautés étrangères établies en Italie, et la question scolaire touche directement des familles installées de longue date, dont une part importante des enfants sont nés dans le pays. Les mesures annoncées concernent donc moins des arrivants récents que des populations déjà scolarisées.
L’interdiction du voile intégral à l’école recoupe par ailleurs des dispositions déjà en vigueur dans plusieurs pays européens, où la jurisprudence distingue généralement la dissimulation du visage, admise comme motif d’interdiction pour des raisons d’identification et de communication pédagogique, des signes religieux visibles sans occultation.
LNT
