L’armée israélienne a de nouveau ordonné l’évacuation immédiate de plusieurs villages du sud du Liban, dans une escalade qui suscite de vives inquiétudes sur le terrain et relance les accusations de déplacements forcés de populations civiles. Selon plusieurs médias internationaux, ces ordres d’évacuation ont visé ces derniers jours une dizaine de localités situées notamment dans les régions de Nabatieh et du sud du Litani, avant de nouvelles frappes israéliennes.
Le porte-parole arabophone de l’armée israélienne, Avichay Adraee, a demandé aux habitants de quitter leurs maisons et de s’éloigner d’au moins 1.000 mètres, évoquant des opérations imminentes contre des positions supposées du Hezbollah. Mais sur le terrain, plusieurs frappes ont touché des zones habitées, y compris des villages qui n’étaient pas concernés par les ordres d’évacuation.
Ces opérations interviennent malgré le cessez-le-feu parrainé par les États-Unis et annoncé en avril dernier, un accord qui n’a jamais réellement mis fin aux bombardements israéliens quotidiens sur le territoire libanais. Reuters souligne que les attaques et les avertissements d’évacuation se poursuivent bien au-delà de la « zone tampon » revendiquée par Israël dans le sud du pays.
Le bilan humain continue de s’alourdir. Selon le ministère libanais de la Santé, plus de 3.000 personnes ont été tuées depuis la reprise des hostilités en mars, dont des enfants, des femmes et des secouristes. Des frappes israéliennes récentes ont notamment coûté la vie à plusieurs ambulanciers et membres des services de secours dans le sud du Liban, provoquant l’indignation des autorités libanaises qui dénoncent des violations du droit international humanitaire.
Des organisations internationales et des responsables onusiens s’alarment également de la multiplication des ordres d’évacuation massifs. Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a estimé que ces déplacements forcés à grande échelle pourraient contrevenir au droit international, notamment lorsqu’aucune garantie de sécurité n’est offerte aux civils déplacés.
Plusieurs enquêtes médiatiques internationales évoquent aussi une stratégie israélienne visant à remodeler durablement le sud du Liban à travers la création de zones de sécurité et l’occupation de portions du territoire libanais. Le Financial Times affirme qu’Israël contrôle désormais des centaines de kilomètres carrés dans le sud du pays dans le cadre de la stratégie militaire du gouvernement de Benjamin Netanyahu.
Sur le terrain, de nombreux villages du sud libanais apparaissent aujourd’hui largement détruits. Des médias internationaux parlent d’« urbicide » et d’« écocide » après les destructions massives enregistrées dans plusieurs localités comme Bint Jbeil, où des infrastructures civiles, des terres agricoles, des écoles et des hôpitaux ont été sévèrement endommagés ou rasés.
Alors que les tensions restent extrêmement élevées entre Israël et le Hezbollah, les habitants du sud du Liban continuent de vivre au rythme des alertes, des frappes aériennes et des déplacements forcés, dans un climat de guerre qui ne cesse de s’enliser.
LNT
