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AFPBombardements sur Téhéran, le 1er mars 2026

Israël frappe le Liban, la guerre s’étend dans la région

Proche et Moyen Orient

Israël frappe le Liban, la guerre s’étend dans la région

Par LNT
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AFPBombardements sur Téhéran, le 1er mars 2026

Israël a frappé lundi plusieurs cibles au Liban après des tirs revendiqués par le Hezbollah contre son territoire, étendant encore le conflit régional au troisième jour de l’offensive menée avec les États-Unis contre l’Iran. Alors que les frappes se poursuivent en Iran et que des explosions ont de nouveau retenti dans plusieurs capitales du Golfe, chaque camp affiche sa détermination à intensifier les opérations.

Frappes au Liban et avertissements israéliens

L’armée israélienne a annoncé avoir visé des positions du Hezbollah « à travers le Liban », en riposte à des tirs de missiles et de drones lancés dans la nuit contre le nord d’Israël. Selon les autorités libanaises, les bombardements ont fait au moins 31 morts et 149 blessés.

Des journalistes de l’AFP ont entendu de puissantes explosions à Beyrouth, notamment dans la banlieue sud, bastion du Hezbollah. Dans le sud du pays, des familles ont fui en voiture, certaines transportant des matelas sur le toit de leurs véhicules.

Dans un communiqué, l’armée israélienne a enjoint aux habitants d’une cinquantaine de villages libanais de s’éloigner « d’au moins 1.000 mètres » de tout bâtiment susceptible d’être ciblé. « Le Hezbollah a lancé une campagne contre Israël pendant la nuit et est entièrement responsable de toute escalade », a déclaré le chef d’état-major israélien, le général Eyal Zamir. « Nous devons nous préparer à plusieurs jours de combats, de nombreux jours », a-t-il ajouté, précisant que les raids allaient s’intensifier.

Le Hezbollah, soutenu par Téhéran, a affirmé avoir lancé « une salve de missiles et un essaim de drones » pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué samedi lors d’une frappe conjointe américano-israélienne.

Nouvelles frappes en Iran

En Iran, des médias d’État ont fait état de frappes dans l’ouest du pays ayant touché des immeubles résidentiels et causé trois morts. L’armée israélienne a parallèlement annoncé mener « des frappes à grande échelle » sur Téhéran, visant des infrastructures militaires et des centres de commandement.

Dimanche, le Pentagone avait indiqué avoir détruit le quartier général des Gardiens de la Révolution, tandis qu’Israël affirmait avoir « décapité le serpent » en éliminant de hauts responsables militaires iraniens. La télévision d’État iranienne a confirmé la mort de plusieurs figures clés, dont Mohammad Pakpour et Abdolrahim Moussavi.

À Téhéran, des rassemblements ont eu lieu en hommage à Ali Khamenei, avec des slogans hostiles aux États-Unis et à Israël. D’autres vidéos vérifiées par l’AFP montrent également des scènes d’acclamations dans certains quartiers.

Ripostes iraniennes et tensions dans le Golfe

L’Iran a poursuivi ses frappes de représailles contre Israël, où au moins neuf personnes ont été tuées dimanche, selon les secours. Lundi matin, de nouvelles alertes aux missiles ont été déclenchées et des explosions ont été entendues à Jérusalem.

Des frappes iraniennes ont également visé des installations aux Émirats arabes unis, au Qatar, en Arabie saoudite et à Bahreïn. À Manama, les autorités ont signalé un mort. À Erbil, dans le nord de l’Irak, un photographe de l’AFP a observé l’interception d’au moins deux drones près de l’aéroport, qui accueille des forces américaines.

De nouvelles explosions ont été entendues à Doha, Abou Dhabi et Dubaï, tandis qu’une colonne de fumée s’élevait au Koweït au-dessus du secteur de l’ambassade américaine. Le Royaume-Uni a évoqué une « frappe de drone présumée » contre sa base d’Akrotiri, à Chypre.

Les Émirats, qui comptent trois morts depuis samedi, ont appelé Téhéran à revenir « à la raison ».

Position américaine et perspective d’un conflit prolongé

Le président Donald Trump a défendu l’offensive engagée contre l’Iran, évoquant une opération susceptible de durer « quatre à cinq semaines ». « Nous menons cette opération massive non seulement pour assurer notre sécurité ici et maintenant, mais aussi pour nos enfants et leurs enfants », a-t-il déclaré, estimant qu’un Iran doté de missiles longue portée et d’armes atomiques constituerait « une grave menace ».

Dans un message vidéo, il a appelé les Gardiens de la Révolution et les forces de sécurité iraniennes à « déposer les armes » en échange d’une immunité, sous peine de « faire face à une mort certaine ».

En réponse, Ali Larijani, chef du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, a affirmé que Téhéran ne négocierait pas avec Washington et que les États-Unis avaient « plongé la région dans le chaos ».

Le ministre américain de la Défense Pete Hegseth doit tenir une conférence de presse à Washington, la première d’un responsable américain depuis le début du conflit.

Une région sous haute tension

La multiplication des fronts – Iran, Israël, Liban, Golfe – accentue les craintes d’un embrasement généralisé. À Bagdad, des affrontements ont opposé forces de l’ordre et manifestants tentant de s’approcher de l’ambassade américaine.

Le président iranien Massoud Pezeshkian a affirmé que venger la mort du guide suprême était un droit « légitime », tandis que le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi a averti que l’Iran ne se fixait « aucune limite » dans son droit à se défendre.

LNT avec AFP

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