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Israël ferme son seul point de passage pour les personnes avec Gaza

le 5 septembre 2018


Israël a de nouveau fermé mercredi le seul point de passage pour les Palestiniens entre la bande de Gaza sous blocus et son territoire à la suite de heurts survenus la veille près du terminal, a annoncé l’armée.

Le point de passage d’Erez, mince lien physique avec l’extérieur pour les habitants de l’enclave palestinienne, restera fermé jusqu’à ce que les dégâts causés par les violences soient réparés, a dit l’armée sans aucune précision sur le temps qui serait nécessaire aux travaux.

Seuls seront autorisés à passer les cas humanitaires, a-t-elle précisé.

Selon les autorités israéliennes, environ un millier de Gazaouis franchissent Erez chaque jour en temps normal: des patients, mais aussi des hommes d’affaires ou des étudiants se rendant en Israël ou au-delà.

Même si Israël n’accorde les permis qu’au compte-gouttes, Erez offre une relative lueur pour les Palestiniens reclus. Mais son ouverture, dépendante des seules autorités israéliennes, est tributaire du niveau des tensions entre Israël et le mouvement islamiste Hamas qui dirige l’enclave et ses alliés palestiniens.

Israël avait déjà fermé Erez pendant huit jours en août en raison de manifestations et de violences à la frontière. Dans une période de vives tensions, Israël avait aussi fermé pendant des semaines un autre cordon vital pour le territoire appauvri, le point de passage de Kerem Shalom pour les marchandises.

La bande de Gaza n’a d’autre frontière qu’avec l’Egypte qui l’a maintenue fermée quasiment en permanence ces dernières années.

Israël et le Hamas se sont livré trois guerres dans la bande de Gaza depuis 2008. Le territoire et ses alentours ont connu après le 30 mars un accès de fièvre prolongé faisant redouter un nouveau conflit. Un calme précaire est revenu depuis août, tandis que l’Egypte et l’ONU travaillent à instaurer une trêve durable.

Cependant mardi après-midi, des milliers de Palestiniens ont manifesté aux abords d’Erez, a constaté un journaliste de l’AFP. Ils ont endommagé les voies et l’éclairage, au cours de cette protestation rare si près du terminal lourdement gardé.

L’armée les a repoussés à l’aide de moyens anti-émeutes. Cinq Palestiniens ont été atteints par balles, selon les secours à Gaza.

Le rassemblement s’inscrivait dans le cadre de la mobilisation entamée le 30 mars pour défendre le droit des Palestiniens à revenir sur les terres qu’ils ont fuies ou dont ils ont été chassés à la création d’Israël en 1948.

Il visait aussi à dénoncer la décision américaine de cesser de financer l’Agence onusienne pour les réfugiés palestiniens (Unrwa), acteur primordial à Gaza où vivent environ 1,3 million de réfugiés.

« Les Palestiniens ont détruit le seul point de passage par lequel ils peuvent entrer en Israël pour recevoir des soins ou travailler », a tweeté un porte-parole du gouvernement israélien Ofir Gendelman. « Il va sûrement se trouver des Palestiniens pour se plaindre à présent qu’il est fermé ».

Au moins 172 Palestiniens ont été tués par des tirs israéliens depuis le 30 mars. Un soldat israélien a également été tué.

Le terminal pour marchandises de Kerem Shalom reste ouvert.

 

LNT avec AFP

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