Aucune conversation ni discussion n’a lieu en ce moment ni n’est programmée », a déclaré le président américain à propos de Téhéran. Six mois après le début du conflit, le détroit d’Ormuz demeure bloqué par l’Iran et le trafic maritime reste très inférieur à ses niveaux d’avant-guerre. Les Émirats ont émis mardi leur première alerte aux missiles depuis un mois.
Le constat est sans ambiguïté : la voie diplomatique est refermée. Donald Trump a affirmé qu’« aucune conversation ni discussion n’a lieu en ce moment ni n’est programmée avec la République islamique », mettant fin aux spéculations sur une reprise des pourparlers. Le président américain a par ailleurs diffusé une carte présentant le détroit d’Ormuz comme territoire américain, initiative dont la portée symbolique n’a échappé à personne à Téhéran.
Ormuz, verrou toujours en place
Le détroit reste bloqué par l’Iran, qui maintient son verrouillage. Le trafic maritime y demeure très faible en comparaison des niveaux antérieurs au conflit, avec les conséquences que l’on sait sur les cours mondiaux des produits raffinés. Téhéran refuse d’ouvrir le passage tant que Washington ne répond pas à ses exigences.
Quatre conditions posées par Téhéran
La position iranienne est structurée autour de quatre demandes : la levée du blocus, le déblocage des avoirs gelés, l’abolition de l’embargo pétrolier et l’arrêt des opérations militaires. Un catalogue qui ne laisse guère d’espace à une sortie de crise partielle.
Les Émirats en alerte
La tension conserve une dimension militaire active. Les Émirats arabes unis ont émis mardi 18 août une alerte aux missiles et un appel au confinement, la première de ce type depuis un mois. Un rappel que la crise, si elle s’est installée dans une forme de stabilisation, n’est pas figée.
Doha et Mascate tentent de garder un canal ouvert
Deux médiations se poursuivent en marge du blocage principal. Le Qatar estime qu’un accord entre l’Iran et Oman sur la gestion du détroit faciliterait la reprise des négociations. Téhéran et Mascate discutent depuis plusieurs semaines du tracé géographique applicable dans la zone. Une négociation technique qui pourrait, si elle aboutit, offrir un point d’entrée à des discussions plus larges.
Bientôt huit mois de conflit
Ouvert en février 2026, le conflit approche des huit mois. Les hostilités ont diminué en intensité par rapport aux premières semaines, mais aucune des parties n’a modifié ses positions de fond. Washington avait annoncé la semaine dernière, par la voix de son secrétaire au Trésor Scott Bessent, la préparation d’un « isolement économique comme le monde n’en a jamais vu » combiné à la poursuite du blocus.
Une facture payée bien au-delà de la région
Pour les économies importatrices nettes de produits raffinés, l’enlisement se traduit directement en points d’inflation. Le Maroc a vu sa facture énergétique progresser de 28,9% au premier semestre, contribuant à un déficit commercial en hausse de 23,5%. Au Sénégal, le gouvernement a relevé les prix à la pompe le 15 août, invoquant une hausse des cours mondiaux de 69% pour le gasoil depuis février. Autant de pays qui subissent les effets d’un bras de fer sur lequel ils n’ont aucune prise.
LNT