Iran et Oman relancent le dialogue sur la gestion du détroit d’Ormuz

Par LNT
détroit ormuz

L’Iran a annoncé, lundi, avoir tenu à Mascate une première réunion officielle avec Oman consacrée à l’avenir du détroit d’Ormuz, un passage maritime stratégique par lequel transite une part considérable des exportations mondiales de pétrole et de gaz. Cette rencontre intervient dans un contexte de désescalade diplomatique après plusieurs mois de tensions militaires dans le Golfe et s’inscrit dans le cadre des engagements prévus par le protocole d’accord conclu récemment entre Téhéran et Washington.

Selon le vice-ministre iranien des Affaires étrangères chargé des questions juridiques et internationales, Kazem Gharibabadi, cette première réunion du « Comité conjoint sur Hormuz » s’est déroulée lors d’une visite officielle à Mascate. Les deux délégations ont examiné les questions actuelles relatives au détroit et échangé leurs points de vue sur les modalités de sa future gestion, en s’appuyant notamment sur les dispositions de l’article 5 du mémorandum signé entre les États-Unis et l’Iran plus tôt ce mois-ci.

Un passage vital pour le commerce mondial

Le détroit d’Ormuz demeure l’un des points névralgiques du commerce international. Large d’une trentaine de kilomètres seulement à son endroit le plus étroit, il constitue la principale voie d’exportation des hydrocarbures produits dans les pays du Golfe. Chaque perturbation de la circulation maritime dans cette zone entraîne immédiatement des inquiétudes sur les marchés énergétiques mondiaux.

Les tensions des derniers mois avaient considérablement réduit le trafic maritime, plusieurs compagnies ayant préféré différer ou modifier leurs itinéraires face aux risques sécuritaires. Les affrontements intervenus dans le Golfe avaient ravivé les craintes d’une fermeture prolongée du détroit, susceptible de provoquer une flambée des prix du pétrole.

Vers une gestion conjointe

La réunion de Mascate constitue une nouvelle étape dans les discussions engagées entre les deux pays riverains du détroit. Une semaine auparavant, Oman et l’Iran avaient déjà annoncé la création d’un groupe de travail conjoint chargé de définir les futures modalités d’administration de la navigation, des services maritimes ainsi que des mécanismes de coordination avec les autres États du Golfe concernés.

Les autorités omanaises insistent sur le fait que toute évolution devra respecter le droit international, garantir la liberté de navigation et préserver les droits souverains des États côtiers. De son côté, Téhéran affirme que l’Iran et Oman, en tant que seuls États bordant directement le détroit, doivent jouer un rôle central dans son administration future.

Une diplomatie de désescalade

Cette reprise du dialogue intervient alors que les médiateurs régionaux multiplient les efforts pour consolider la trêve fragile obtenue après plusieurs semaines d’escalade militaire entre l’Iran et les États-Unis. Oman, traditionnel intermédiaire dans les crises régionales, cherche à préserver son rôle de facilitateur tout en garantissant la sécurité de l’une des routes maritimes les plus importantes au monde.

Les discussions sur le détroit d’Ormuz devraient désormais se poursuivre dans le cadre du comité conjoint, avec l’objectif affiché d’élaborer un mécanisme durable permettant d’assurer la libre circulation des navires commerciaux tout en répondant aux préoccupations sécuritaires des États riverains. Si plusieurs divergences demeurent sur les modalités précises de cette future gouvernance, la tenue de cette première réunion constitue un signal de reprise du dialogue diplomatique dans une région où la stabilité du trafic maritime reste un enjeu majeur pour l’économie mondiale.

 

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